Dans la dixième partie de son récit sur la dernière semaine de Stepanakert, l’analyste Vahram Atanessian rappelle qu’à la mi-août 2023, la personnalité publique du Karabakh Tigran Petrossian avait publié sur Facebook un « document » attribué au ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, selon lequel la population arménienne aurait pu rester sur place en conservant certains droits nationaux, éducatifs, culturels et religieux. Selon lui, on ignore si des discussions ont réellement eu lieu à Stepanakert sur cette base, tandis que le représentant spécial du président du Karabakh, David Babayan, avait affirmé le 24 septembre que les accords conclus avec l’Azerbaïdjan ne portaient que sur l’amélioration des conditions sociales et matérielles, avant qu’un jour plus tard l’état-major de l’information du Karabakh n’annonce la distribution d’essence gratuite aux personnes souhaitant partir pour l’Arménie, un changement dont l’auteur relève qu’il reste inexpliqué.
Dans cette dixième partie de sa série consacrée aux dernières semaines du Haut-Karabakh, l’analyste Vahram Atanesyan revient sur un « document » informel diffusé mi-août 2023 par la figure publique du Karabakh Tigran Petrossian sur sa page Facebook personnelle. Ce texte, attribué au ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, portait selon lui sur les « droits et garanties de sécurité » de la population arménienne du Haut-Karabakh.
Selon Vahram Atanesyan, Tigran Petrossian, qui présidait alors le Conseil anticrise du Karabakh, entretenait à cette période des contacts quotidiens avec le président Araïk Haroutiounian, ce qui laisse supposer, selon lui, que la publication de ce document s’est faite avec la connaissance de ce dernier. L’auteur avance l’hypothèse qu’Araïk Haroutiounian cherchait ainsi à sonder la réaction des forces politiques et de l’opinion publique face à l’intégration du Karabakh à l’Azerbaïdjan et à la question des garanties de droits et de sécurité pour la population.
L’auteur précise qu’il n’est pas nécessaire de s’attarder sur le contenu précis des propositions attribuées à Lavrov puisqu’il s’agit d’un document non officiel. Il souligne toutefois la portée politique de ce texte : la population du Karabakh « pourrait rester sur place et bénéficier de certains droits nationaux, éducatifs, culturels et religieux ».
Vahram Atanesyan indique ignorer si des discussions ont effectivement eu lieu à Stepanakert sur cette question. Il rappelle que des représentants du Karabakh et de l’Azerbaïdjan ont tenu deux rencontres après la guerre éclair d’un jour, sans qu’aucune information fiable ne soit disponible sur leur contenu. Il note cependant que le représentant spécial du président du Karabakh, David Babayan, a déclaré le 24 septembre à news.am que les accords conclus ne portaient que sur l’amélioration des conditions sociales et matérielles.
L’auteur relève que, dès le 25 septembre, l’état-major de l’information du Karabakh annonçait la distribution d’essence gratuite à ceux souhaitant se rendre en Arménie. Il s’interroge sur ce qui a pu changer en à peine un jour ou un jour et demi, se demandant si l’Azerbaïdjan a rompu sa promesse d’amélioration des conditions de vie pour exiger un déplacement de la population, une question à laquelle, selon lui, aucune réponse n’existe à ce stade.
Source : Mer Oughin

