Dans une tribune, Vahram Atanessian qualifie de « bambarakoutioun » (bavardage creux) les propos de Tigran Djinbachian, ancien membre du Bureau de la FRA, qui prévoit des changements géopolitiques et espère des élections anticipées privant Nikol Pachinian de sa majorité. Selon lui, Pachinian a donné à l’opposition l’occasion de prendre une décision responsable, qu’elle cherche à éviter, et les citoyens devront, à son avis, trancher à sa place.
Dans une tribune, Vahram Atanessian réagit à des propos de Tigran Djinbachian, ancien membre du Bureau de la FRA (Dachnak), publiés dans le périodique « Aztag ». Selon ce dernier, d’importants changements géopolitiques sont attendus dans les prochains mois : la guerre russo-ukrainienne serait sur le point de s’achever et l’offensive américaine contre l’Iran, interrompue, pourrait se terminer de façon inattendue.
M. Djinbachian a aussi critiqué l’Europe, en particulier la France, qui serait selon lui « soumise à des convulsions politiques internes ». Il a jugé non improbable que Nikol Pachinian soit invité à revoir sa conception de la souveraineté et à ramener l’Arménie à sa position historique, celle de ne pas être le théâtre de forces étrangères. Il a enfin espéré qu’une élection anticipée prive Nikol Pachinian de sa majorité, déjà fragile, et dote l’Arménie d’un pouvoir fidèle au système de valeurs national.
Vahram Atanessian estime que ces propos relèvent d’un mot qu’il emprunte à l’arménien classique, « bambarakoutioun » (bavardage creux, selon son emploi). Selon lui, M. Djinbachian n’a pas fait une analyse géopolitique mais a révélé son rêve personnel et partisan : que l’Europe sombre dans les convulsions, que la Russie et les États-Unis parviennent à un nouvel accord de partage du monde et que l’Arménie revienne à sa position historique.
L’auteur affirme qu’au cours des deux derniers siècles l’Arménie n’a eu qu’une seule orientation, à laquelle il attribue le génocide et la perte de la patrie au début du siècle dernier, puis la perte de l’Artsakh entre 2020 et 2023. Il soutient que la Russie n’est pas responsable de ces événements. Selon lui, les responsables de la tragédie du peuple arménien et de la vulnérabilité de son État sont les Djinbachian, les Bagratounian, les Khatchatrian et leurs « marionnettes » en Arménie.
Pour M. Atanessian, l’Arménie doit avoir une seule position : l’idée centrée sur l’Arménie, ainsi que la préservation et le renforcement de l’État bâti sur cette base. Il considère que Nikol Pachinian a donné à l’opposition la possibilité de prendre une décision responsable, mais que celle-ci s’apprête à s’y dérober, comme elle l’aurait fait face à la responsabilité d’arrêter la guerre.
Il se dit convaincu que, cette fois, les citoyens arméniens prendront à sa place la décision historique d’extirper cette « bambarakoutioun » de la vie politique arménienne. Selon lui, voter pour elle revient à soutenir l’ennemi numéro un de l’État arménien, qu’il qualifie de « frère siamois » du nationalisme turc.
Source : Mer Oughin

