**Dans la quinzième partie de sa série, Vahram Atanessian estime que la communauté arménienne du Liban est « politiquement morcelée » depuis les années 1970, une situation qui serait « probablement » l’une des causes de l’émigration massive des Arméniens du pays. Selon lui, cette division se fait encore sentir aujourd’hui.**
Dans cette quinzième partie de sa série, Vahram Atanessian rappelle que, dans les années 1970-1980, le visage le plus connu de la diaspora en Arménie soviétique était Garnik Addarian. Présenté au public comme poète et personnalité littéraire et culturelle, il était publié à Erevan comme à Moscou, en traduction russe. Selon l’auteur, le public ignorait probablement qu’il était respecté et accepté en raison de son orientation politique communiste.
Né en Syrie puis installé à Beyrouth, Garnik Addarian a été pendant environ quinze ans membre du Comité central du Parti communiste libanais, selon le texte. Il a signé des articles dans la presse arabe de la région et s’est fait le défenseur de la lutte des Arabes palestiniens contre l’impérialisme international et le sionisme. Pendant la guerre civile de 1975, il a ouvertement soutenu les détachements armés de l’Organisation de libération de la Palestine.
Durant cette guerre, la « Literatournaïa Gazeta », organe de l’Union des écrivains de l’URSS, a envoyé à Beyrouth son correspondant en Arménie, Zori Balayan. Ses articles ont ensuite été réunis dans le livre « Entre deux feux », traduit en arménien en 1979 et publié à Erevan sous le titre « Dans le feu croisé ». Un chapitre est consacré à une rencontre avec le président de l’OLP, Yasser Arafat, au cours de laquelle la question arménienne a aussi été abordée. Le livre relate également des rencontres avec Addarian. L’auteur estime que l’entretien avec Arafat a vraisemblablement été organisé à cette occasion, et qu’il n’aurait pu avoir lieu sans le soutien de l’ambassade soviétique à Beyrouth et d’autres structures.
Atanessian affirme que l’une des causes de la guerre civile libanaise, peut-être la principale, était le choix de Beyrouth par Arafat comme résidence, d’où il dirigeait la lutte clandestine des Palestiniens contre Israël. Contrairement au communiste Addarian et au journaliste soviétique Balayan, la branche libanaise de la FRA (Dachnaktsoutioun) a adopté une position neutre. Elle n’a soutenu ni les phalangistes de droite ni les gauchistes pro-palestiniens, et s’est concentrée sur la défense de Bourj Hammoud, quartier à population arménienne.
L’auteur en conclut que, depuis les années 1970, la communauté arménienne du Liban était déjà politiquement divisée, un facteur qui est, selon lui « probablement », l’une des causes de l’émigration massive des Arméniens du pays. Il déplore que cette division se fasse encore sentir aujourd’hui : une partie des responsables politiques arméniens de Beyrouth est favorable à une paix israélo-libanaise, tandis que l’autre, menée par la FRA, maintient une coopération avec le Hezbollah. La série se poursuit.
Source : Mer Oughin

