hebdo-histoire-2026-08-06
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6 août 1854

Le 5 août 1854, non loin d’Alexandropol, dans le Caucase, se joua l’un des épisodes marquants de la guerre de Crimée sur son théâtre oriental : la bataille de Kurekdere, qui opposa les troupes de l’Empire russe à celles de l’Empire ottoman.

Le contexte remonte à juin 1853, lorsque la Russie envahit les principautés danubiennes, alors sous suzeraineté ottomane, afin de forcer Constantinople à des concessions concernant le traitement des chrétiens orthodoxes. Soutenu par la France et le Royaume-Uni, l’Empire ottoman répliqua en déclarant la guerre à l’automne, engageant ses forces dans le Caucase. Mais dès l’hiver, les revers s’accumulèrent : les troupes ottomanes furent battues à Akhaltsikhé le 26 novembre, puis à Başgedikler le 1er décembre, malgré une infériorité numérique russe. Le front se stabilisa ensuite, mais les soldats ottomans, mal ravitaillés, périrent par milliers de faim et de maladie durant les mois froids.

Au printemps 1854, les Russes, commandés par Vasili Bebutov, reprirent l’initiative et enchaînèrent les succès sur le terrain. Face à eux, le gros des forces ottomanes, sous les ordres de Hurșid Pasha, restait massé autour d’Alexandropol, ville arménienne du Caucase au cœur de cette confrontation. Fort d’une supériorité numérique confortable, Hurșid Pasha choisit de lancer une contre-attaque, malgré les réserves exprimées par une partie de son état-major, qui recommandait au contraire de tenir une posture défensive.

La rencontre entre les deux armées eut lieu le 5 août 1854. Très vite, le rapport de force s’inversa sur le champ de bataille et l’avantage bascula du côté russe. Bebutov, cependant, choisit de ne pas exploiter jusqu’au bout la déroute ottomane : il renonça à pousser son avantage vers la forteresse de Kars, laissant le front figé pour le reste de l’année, la situation ne devant évoluer que l’année suivante.

Pour l’Empire ottoman, cette défaite vint confirmer, après celles de l’hiver précédent, les faiblesses structurelles de son armée dans le Caucase : un commandement jugé incompétent, une discipline défaillante et un entraînement insuffisant des soldats.