12 août 1996
Le 12 août 1996 disparaissait Viktor Ambartsumian, l’un des astrophysiciens les plus marquants du XXe siècle et figure majeure de la science arménienne. Né le 18 septembre 1908 à Tbilissi, en Géorgie, il incarne le destin d’une génération de scientifiques arméniens formés dans le cadre soviétique avant de devenir des symboles nationaux à part entière.
Son parcours débute à la faculté mathématique-physique de l’université Herzen, sur orientation du comité du parti communiste de Tiflis, avant qu’il ne poursuive ses études à l’université de Leningrad. Dès 1926, encore jeune chercheur, il publie un travail sur les facules solaires. De 1928 à 1931, il approfondit sa formation à l’observatoire de Poulkovo aux côtés de Belopolsky, tout en enseignant à l’université de Léningrad, où il rédige le tout premier livre russe d’astrophysique théorique.
L’événement fondateur de sa carrière arménienne survient en 1946, lorsqu’il crée l’observatoire de Byurakan, qu’il dirigera. Cette institution deviendra un centre de référence pour l’astrophysique soviétique et arménienne. De 1947 à 1993, Ambartsumian préside à la fois l’université d’Erevan et l’Académie des sciences d’Arménie, exerçant une influence durable sur l’organisation de la recherche dans le pays.
Sur le plan scientifique, il formule un principe d’invariance appliqué au transfert de rayonnement, qui irrigue une grande partie de ses travaux. Il se distingue également par ses recherches sur l’évolution des étoiles et des galaxies : en 1947, il est le premier à proposer que les étoiles T Tauri sont très jeunes et que les associations stellaires, loin d’être stables, sont des groupes en cours de dissociation gravitationnelle. Ses travaux portent aussi sur le milieu interstellaire, les radiogalaxies et les galaxies actives.
Sa reconnaissance internationale se traduit par la présidence de l’Union astronomique internationale de 1961 à 1964, ainsi que par son élection à l’Académie des sciences de France, d’abord comme correspondant en 1958 puis comme associé étranger en 1978. Il reçoit notamment le prix Jules-Janssen, la médaille Bruce et la médaille d’or de la Royal Astronomical Society.

