hebdo-histoire-2026-09-02
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2 septembre 1991

Le 2 septembre 1991 est proclamée la déclaration d’indépendance du Haut-Karabagh, région montagneuse du Caucase du Sud dont le relief, fait de montagnes et de forêts, s’étendait à l’origine sur 4 161 km², soit une superficie comparable à celle du département français de la Savoie.

Cette proclamation intervient au terme d’une longue histoire de rattachements contestés. Peuplée depuis l’Antiquité par une population où l’élément arménien s’impose progressivement, la région, connue sous le nom d’Artsakh, avait été intégrée au royaume d’Arménie dès l’époque orontide ou artaxiade. Après la bataille d’Avarayr en 451, elle devint même un centre de résistance arménienne face à la Perse, tandis que le christianisme s’y diffusait sous l’action de Mesrop Machtots, fondateur à Amaras de la première école arménienne.

Le problème contemporain du Haut-Karabagh trouve sa source dans la désintégration de l’Empire russe après la Première Guerre mondiale. Lorsque l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie proclament leur indépendance, des combats éclatent entre Arméniens et Azerbaïdjanais dans plusieurs régions, dont le Haut-Karabagh. Après la soviétisation, Staline attribue la région à l’Azerbaïdjan malgré sa population majoritairement arménienne — 89,14 % selon le recensement de 1926. En 1923 est néanmoins créé l’oblast autonome du Haut-Karabagh, statut qui perdure pendant soixante-cinq ans.

C’est dans ce contexte hérité que survient, le 2 septembre 1991, la déclaration d’indépendance. Elle s’inscrit dans le durable casse-tête ethnoterritorial opposant l’Arménie, attachée à ce qu’elle considère comme une partie de son berceau national, et l’Azerbaïdjan, pour lequel la région constituait une enclave problématique au sein de son territoire morcelé.

Ce conflit, que la diplomatie internationale n’est jamais parvenue à résoudre durablement, a connu son épilogue en 2023, lorsque l’Azerbaïdjan a repris la totalité du territoire, entraînant un nettoyage ethnique. La déclaration de 1991 demeure ainsi un jalon central de l’histoire contemporaine arménienne, symbole de l’aspiration d’une population à disposer d’elle-même après des décennies de statut contesté.