Après avoir récemment intégré le Conseil national du CCAF, François Devedjian prend publiquement ses distances avec la ligne défendue par Mourad Papazian sur les relations entre l’Arménie et sa diaspora.
Dans un message publié sur X, il répond directement à la formule de Mourad Papazian, « Affaiblir la diaspora, pour le régime de Pachinian, c’est affaiblir l’Arménie », en affirmant :
« Affaiblir la diaspora est affaiblir l’Arménie ; l’inverse est également vrai. »
François Devedjian va surtout beaucoup plus loin en dressant un constat sévère sur les trente-cinq dernières années :
« La diaspora a dramatiquement raté le tournant de l’indépendance de l’Arménie ; elle n’a pas compris le changement fondamental que l’existence d’un État arménien souverain constituait pour l’ensemble des Arméniens du monde. »
Le désaccord est profond. Pendant des décennies, les organisations diasporiques ont défendu la cause arménienne en l’absence d’un État souverain. Mais depuis 1991, l’Arménie possède ses propres institutions, son gouvernement, son Parlement et sa diplomatie.
Pour François Devedjian, la diaspora doit désormais tirer pleinement les conséquences de cette réalité et revoir sa relation avec Erevan.
Il appelle ainsi les structures diasporiques à « se débarrasser de leurs vieilles antiennes » pour devenir, sans renoncer à leurs valeurs, « le partenaire complémentaire et l’allié puissant de l’État arménien ».
Cette prise de position est d’autant plus significative qu’elle vient désormais de l’intérieur du CCAF. Elle révèle un débat qui dépasse l’opposition entre Erevan et certains dirigeants communautaires : quelle doit être la place de la diaspora face à un État arménien souverain ?
François Devedjian apporte une réponse claire : la diaspora a énormément à apporter à l’Arménie, mais comme partenaire et alliée de l’État arménien, et non comme une diplomatie parallèle susceptible de s’y substituer lorsque ses choix politiques déplaisent à certaines organisations.
Une conception qui tranche nettement avec celle défendue par Mourad Papazian et son cousin Ara Toranian, et qui montre que le débat traverse désormais le CCAF lui-même.

