La Russie dispose de bases militaires dans deux pays de la région, le Tadjikistan et le Kirghizistan. En cas d’aggravation de la situation dans le nord de l’Afghanistan, l’OTSC pourrait elle aussi être activée.
Dans son intervention au sommet informel Asie centrale + Azerbaïdjan, le président ouzbek Mirziyoyev a proposé à ses homologues d’inclure également l’Afghanistan dans cette « nouvelle région géopolitique » — une piste vraisemblablement débattue plus en détail lors d’échanges à huis clos, selon la plateforme Mer Oughin.
Des informations préoccupantes sont parvenues ces derniers jours d’Afghanistan. Selon plusieurs médias russes, un mouvement armé anti-talibans se serait formé dans la province afghane du Badakhchan, sous la direction d’un certain Djouma Fateh, avec plusieurs affrontements armés rapportés, non confirmés, entre ce groupe et les forces talibanes de Kaboul.
Selon des informations relayées, plusieurs dizaines de mollahs de la province auraient refusé, vendredi dernier, de mentionner lors des prières traditionnelles le nom du chef local du régime taliban, Maulavi Djouma Khan Fateh — reconnu par les talibans non seulement comme « dirigeant » mais aussi comme « seul interprète de la charia ». Selon des experts cités, cette « révolte des mollahs » pourrait s’avérer plus dangereuse pour le régime que la lutte armée elle-même.
La situation ne peut qu’inquiéter les pays d’Asie centrale, d’autant que le 17 juillet, le chef de l’autonomie du Badakhchan tadjik, Alisher Mirzonabot, est mort dans un accident de la route — selon la version officielle, le chauffeur aurait perdu le contrôle du véhicule, tombé dans le fleuve Piandj. Il a été remplacé par Sharifkhon Safarzoda, premier chef de cette autonomie à ne pas être originaire de la région.
Le quotidien russe Nezavissimaïa Gazeta a par ailleurs relayé des rumeurs selon lesquelles les autorités tadjikes auraient autorisé les talibans à utiliser le territoire tadjik pour mener des opérations punitives contre les partisans armés de Djouma Fateh.
Si l’affrontement entre talibans et groupes d’opposition peut sembler propre à la dynamique afghane, il n’est pas exclu, dans le contexte de l’intégration politique, économique et communicationnelle de l’Asie centrale, que cette « révolte du Badakhchan » profite à un acteur extérieur. Toute déstabilisation de l’Asie centrale aurait, sans conteste, des répercussions sur la stabilité des régions voisines.
Source : Mer Oughin

