un-observateur-juge-le-nouveau-parlement-armenien-pas-plus-efficace-que-le-precedent
3 min de lecture

Ce Parlement ne sera pas plus efficace que le précédent. L’efficacité de la précédente Assemblée nationale était d’environ 20 à 25 %, et la nouvelle législature ne devrait, selon toute vraisemblance, pas dépasser ce niveau.

1inTV s’est entretenu avec Levon Barseghyan, coordinateur du club des journalistes « Asparez » de Gyumri, sur le nouveau gouvernement et le nouveau Parlement arménien, dans un contexte de crise des relations russo-arméniennes. Il critique un climat politique intérieur malsain et estime que le Kremlin, en pleine colère, ne parvient plus à contenir les aspirations souverainistes de l’Arménie.

Il relève que, dès les premiers jours, plusieurs interventions et questions posées en séance — demandant par exemple à des collègues s’ils avaient rencontré des Turcs ou des membres de services spéciaux — témoignaient selon lui d’une immaturité politique et d’un niveau de débat peu à la hauteur d’un organe législatif.

Il pointe une contradiction dans la position du parti au pouvoir « Contrat civil » : après avoir affirmé qu’une partie substantielle des voix de l’opposition avait été obtenue par achat de votes, celui-ci n’a pas contesté les résultats devant la Cour constitutionnelle et invite désormais ces mêmes forces à coopérer — reconnaissant de fait, selon M. Barseghyan, la légitimité du Parlement issu du scrutin.

Il estime que les tensions politiques ne s’apaiseront pas, alimentées par les confiscations de biens jugés illégaux, les poursuites pénales pour achat de voix et d’autres procédures judiciaires. La responsabilité en incomberait d’abord au pouvoir en place, faute d’avoir assaini plus tôt le champ politique.

Sur la commission d’éthique parlementaire récemment rétablie, il doute qu’elle influence réellement le comportement des députés, jugeant les forces parlementaires encore trop peu structurées pour cela, tout en espérant une maturation progressive.

M. Barseghyan salue néanmoins la diversification, certes tardive, de la politique extérieure arménienne engagée depuis 2022 vers de nouveaux partenariats militaires, économiques et politiques — un mouvement qu’il attribue en partie aux pressions mêmes exercées par la Russie, lesquelles auraient eu un effet contre-productif. Il juge que si un pays membre de l’Union économique eurasiatique impose des restrictions économiques à un autre membre pour des raisons politiques, les fondements même de l’union sont ébranlés ; il estime aussi que l’OTSC a cessé, dans les faits, de remplir ses obligations depuis son absence de réaction face à une agression sur le territoire souverain arménien.

Il conclut en appelant les autorités arméniennes à la plus grande vigilance en matière de sécurité nationale, jugeant que plusieurs scénarios restent possibles et que les dispositifs de sécurité doivent opérer avec un niveau de préparation élevé.

Source : Mer Oughin