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Les accusations de l’opposition, selon lesquelles tout contrôle parlementaire actif mènerait à des poursuites pénales, ne sont pas convaincantes. Si l’opposition s’engageait sur des initiatives législatives d’intérêt public, la société civile la soutiendrait.

Radio publique arménienne s’est entretenue avec Hovsep Khurshudyan, président de l’ONG « Citoyen libre ». Il estime prématuré de juger le travail du nouveau Parlement, mais salue l’absence, dans les premiers jours, des insultes et des altercations physiques constatées sous la précédente législature. Selon lui, la composition de la majorité a peu changé, tandis que la qualité de l’opposition aurait même reculé.

M. Khurshudyan considère que l’Arménie dispose désormais de nouvelles opportunités économiques et politiques, à mesure qu’elle s’éloigne de l’influence russe : rapprochement avec l’Union européenne, les États-Unis, les pays du Golfe et les voisins du sud. Il juge toutefois qu’un Parlement aux compétences professionnelles élevées est nécessaire pour saisir ces opportunités et exercer un contrôle réel sur le gouvernement, notamment via la publication par chaque député d’un bilan quinquennal de son mandat.

Concernant les poursuites judiciaires visant Gagik Tsarukyan, il estime que le non-paiement d’impôts ne peut être justifié par une activité politique, rappelant que l’État avait par le passé été privé de ressources nécessaires à l’armée et aux infrastructures pour cette raison. Il juge la discipline fiscale globalement améliorée.

Sur les restrictions russes visant les produits arméniens, M. Khurshudyan distingue les secteurs : dans la pisciculture, le problème résiderait dans l’usage inefficace des ressources en eau plutôt que dans la qualité ; dans les produits laitiers, certains producteurs utiliseraient des substituts bon marché ne respectant pas les normes. Il juge les restrictions russes essentiellement politiques, sans exonérer l’Arménie de l’obligation d’améliorer la qualité de sa production selon les normes européennes.

Il estime que Moscou cherche avant tout à conserver le contrôle du réseau ferroviaire arménien, après des années sans investissements suffisants, et qu’un pôle gazier renforcé avec l’Iran — via l’extension du gazoduc existant, voire un nouveau gazoduc permettant aussi le transit de gaz turkmène — garantirait la sécurité énergétique du pays tout en générant des revenus de transit.

Il conclut que les défis à venir pourraient être surmontés par une évaluation complète des engagements réciproques avec la Russie, et par une reconstruction progressive, avec le soutien des partenaires européens, des orientations économiques et logistiques du pays.

Source : Mer Oughin