**Dans une tribune publiée par le média « Mer Oughin », un ancien député du parti Dachnaktsoutioun, Arthur Khatchatrian, s’interroge sur le maintien au pouvoir de Nikol Pachinian après la défaite militaire de 2020, comparaison qu’il fait avec le sort de l’Allemagne vaincue en 1945. L’auteur de l’article répond à cette tribune en estimant que ce raisonnement viendrait justifier le procès organisé par l’Azerbaïdjan contre les dirigeants du Haut-Karabakh, et suggère que les groupes ayant pris d’assaut le siège du gouvernement et la résidence gouvernementale dans la nuit du 9 au 10 novembre 2020 auraient cherché à instaurer en Arménie un pouvoir de type « comité révolutionnaire ».**
Dans une tribune envoyée par courrier électronique à la rédaction de « Mer Uxin » et signée par un ancien député, cet ex-parlementaire du parti Dachnaktsoutioun, Artur Khatchatrian, s’interroge sur le fait que Nikol Pachinian soit resté au pouvoir après la défaite de la guerre, alors que, selon lui, après la victoire des Alliés et de la Russie sur l’Allemagne nazie, le pouvoir avait changé, et qu’après la victoire sur le Japon, le gouvernement avait également changé et les pouvoirs de l’empereur avaient été fortement limités.
L’auteur de la tribune estime que, selon cette même logique, l’Azerbaïdjan aurait dû, le 9 novembre 2020, instaurer en Arménie un régime d’occupation, à l’image de la manière dont les pays alliés ont traité l’Allemagne vaincue le 8 mai 1945, pays où un pouvoir national ne s’est formé que quatre ans après la guerre, et qui a alors été divisé en deux, avec une République fédérale à l’ouest et une République démocratique sous influence soviétique à l’est, la capitale Berlin étant elle aussi partagée.
L’auteur de la tribune, republiée par « Mer Uxin », demande si Artur Khatchatrian comprend que ses interrogations reviennent à justifier le « procès » organisé par Aliyev contre la direction politico-militaire de la République du Haut-Karabakh (ex-RHK), rappelant que les dirigeants de l’Allemagne vaincue avaient comparu devant un tribunal international, alors que l’Azerbaïdjan affirme avoir mené un « Nuremberg national ».
Le texte relève également que, dans ce même message, Artur Khatchatrian exigeait qu’avant toute délimitation des frontières, l’Azerbaïdjan retire ses troupes des territoires arméniens occupés, en s’interrogeant sur la raison pour laquelle Bakou le ferait, si, selon cette logique, l’Azerbaïdjan avait vaincu une Arménie qualifiée de « nazie ».
L’auteur souligne enfin que les pays vainqueurs de l’Allemagne n’ont pas porté au pouvoir les nazis eux-mêmes mais des forces politiques qui leur étaient loyales, un pouvoir communiste-soviétique s’étant en réalité installé en RDA, et que le maintien de Pachinian au pouvoir signifierait que l’Azerbaïdjan n’est pas parvenu, directement ou indirectement, à provoquer un changement de pouvoir en Arménie.
La tribune conclut en suggérant que les groupes ayant pris d’assaut, dans la nuit du 9 au 10 novembre 2020, le siège du gouvernement et la résidence gouvernementale d’été, cherchaient peut-être à instaurer en Arménie un pouvoir de type « comité révolutionnaire » (« hegkom »).
Source : Mer Oughin

