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Selon la députée Taguhi Ghazaryan (parti au pouvoir), interrogée par 1inTV, seul un environnement de paix permet de résoudre efficacement les questions de préservation du patrimoine historico-culturel et de délimitation des frontières entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Elle a insisté sur la nécessité d’une reconnaissance mutuelle de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, fondée sur les principes de la déclaration d’Alma-Ata, tout en appelant Erevan à ne pas fonder sa réponse aux récentes démarches de Bakou sur une logique de surenchère émotionnelle.

La députée du groupe parlementaire du Parti civil contractuel (ՔՊ), Taghouhi Ghazarian, s’est exprimée sur les défis du processus de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan et sur la préservation du patrimoine historique et culturel, lors d’un entretien accordé à 1inTV. Selon elle, l’environnement de paix constitue le seul cadre permettant de résoudre efficacement les questions complexes liées à la préservation du patrimoine et à la délimitation des frontières. Elle a souligné l’importance de la reconnaissance mutuelle de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, fondée sur les principes de la déclaration d’Alma-Ata, estimant que malgré les obstacles émotionnels et politiques, la priorité de l’Arménie doit être de servir ses propres intérêts nationaux et d’instaurer la stabilité, en s’affranchissant de l’influence des médiateurs et de l’ancienne logique conflictuelle.

Évoquant le 13 septembre, date qui rappelle selon elle l’attaque azerbaïdjanaise à grande échelle contre l’Arménie il y a quatre ans, Mme Ghazarian a estimé que plusieurs défis auxquels l’Arménie était confrontée se sont depuis nettement réduits. Elle a rappelé qu’après cette attaque de septembre 2022, les dirigeants arménien et azerbaïdjanais avaient reconnu mutuellement leur intégrité territoriale à Prague, tandis que l’Union européenne envoyait une mission d’observation en Arménie durant la même période. Selon elle, ces deux éléments étaient liés, la reconnaissance mutuelle des frontières ayant permis le déploiement de la mission d’observation internationale ; elle a par ailleurs relevé qu’aucune violation significative n’a été constatée depuis dans les zones frontalières surveillées par les observateurs européens.

Concernant les visites de responsables européens et internationaux, la députée a noté qu’elles sont parfois perçues en Arménie comme une manifestation de rivalité entre puissances, alors que, selon elle, l’Arménie doit davantage fonder ses espoirs sur ses propres capacités. Elle a ajouté que les partenaires internationaux peuvent aider sur les questions où leurs intérêts convergent avec ceux de l’Arménie, y compris des partenaires aux positions parfois opposées entre eux.

Abordant la question du patrimoine arménien face à un événement organisé par l’Azerbaïdjan, Mme Ghazarian a estimé que les deux pays apprennent encore à vivre en paix et qu’il est difficile de transformer d’un coup la rhétorique politique et émotionnelle liée à la paix. Selon elle, certaines coopérations concrètes, notamment économiques, énergétiques, dans les transports ou les communications, avancent plus facilement, tandis que l’évolution des perceptions des sociétés et des milieux politiques reste plus complexe. Elle a souligné l’avantage que représente la possibilité d’un dialogue direct entre Erevan et Bakou, via des responsables en contact malgré l’absence d’ambassades, ainsi que via les sociétés civiles et les partenaires internationaux.

La députée a par ailleurs jugé que les deux camps conservent parfois des réflexes hérités de l’ancienne logique de conflit, un geste jugé anodin d’un côté pouvant susciter des tensions de l’autre — citant en exemple la commémoration en Arménie de l’anniversaire de l’indépendance du Haut-Karabakh (Artsakh), perçue selon elle comme contraire à l’agenda de paix par la société et les dirigeants azerbaïdjanais, sans pour autant, a-t-elle précisé, justifier les actions de l’une ou l’autre partie ni établir de lien de cause à effet direct. Rappelant la destruction du patrimoine culturel arménien au Nakhitchevan et des khatchkars de Djoulfa, survenue alors même que l’Arménie se jugeait en position de force avec une rhétorique politique ferme, elle a estimé que les possibilités de résoudre de telles questions sont limitées en contexte de conflit, alors qu’un environnement de paix pourrait permettre de les traiter par la voie de la négociation.

Concernant les récentes démarches de l’Azerbaïdjan, Mme Ghazarian a jugé que la réponse d’Erevan ne devait pas s’inscrire dans une logique d’escalade émotionnelle, mais privilégier le langage de la paix, de la stabilité, de la confiance et du règlement du conflit, à travers des contacts bilatéraux officiels ou des formats de travail avec les partenaires internationaux. Elle a également relevé que l’Arménie, société et système politique pluriels, voit souvent ses déclarations diverses — de forces politiques, de groupes sociaux ou de la diaspora — perçues à Bakou comme une position officielle unique, ce qui peut être utilisé pour accuser l’Arménie de saper le processus de paix. Elle a enfin appelé les responsables politiques à mesurer les conséquences de leurs déclarations, critiquant ceux qui usent d’une rhétorique extrêmement dure tout en se plaignant ensuite de ses répercussions.

Source : Mer Oughin