discours du premier ministre pour la commémoration du génocide arménien.-9
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Meta affirme avoir identifié une opération d’influence coordonnée liée à une organisation russe proche des structures étatiques, destinée notamment à soutenir Samvel Karapetyan et le parti « Strong Armenia » lors des élections législatives arméniennes de juin 2026.

Dans son rapport consacré aux menaces et opérations d’influence détectées sur ses plateformes au cours du second semestre 2026, le groupe Meta revient directement sur le cas de l’Arménie.

Selon le rapport, l’organisation russe à but non lucratif ANO Dialog a joué un rôle important dans plusieurs opérations clandestines visant des audiences étrangères, notamment arménophones.

Fondée en 2019 par la mairie de Moscou, ANO Dialog a déjà été associée à des campagnes d’influence russes menées à l’étranger.

Une campagne directement liée aux élections arméniennes

Meta indique avoir identifié deux opérations clandestines attribuées à ANO Dialog.

L’une d’entre elles ciblait directement les élections législatives organisées en Arménie en juin 2026.

Le réseau aurait créé de nombreux comptes en violation des règles de Facebook et Instagram afin de diffuser de manière coordonnée des contenus politiques.

Meta indique avoir supprimé :

  • 25 comptes Facebook ;
  • 13 pages Facebook ;
  • 13 comptes Instagram.

Environ 9 600 utilisateurs suivaient au moins l’une des pages Facebook concernées et près de 10 400 comptes suivaient au moins l’un des profils Instagram du réseau.

L’objectif identifié par Meta est particulièrement clair : le réseau cherchait à augmenter le soutien au parti « Strong Armenia » ainsi qu’au milliardaire russo-arménien Samvel Karapetyan.

Il ne s’agit donc pas simplement d’une campagne générale destinée à déstabiliser le débat politique arménien, mais d’une opération qui, selon Meta, favorisait directement une force politique et son dirigeant.

La diaspora arménienne également ciblée

L’opération ne se limitait pas à l’Arménie.

Le rapport de Meta indique que le réseau visait également les communautés arméniennes installées à l’étranger, notamment en France, en Allemagne et aux États-Unis.

Cette dimension est particulièrement importante pour la diaspora arménienne de France.

Elle montre que les campagnes d’influence autour de la politique arménienne ne cherchent plus uniquement à atteindre l’opinion publique à Erevan, mais également les communautés diasporiques susceptibles d’influencer le débat politique, médiatique et associatif autour de l’Arménie.

Facebook, Instagram, TikTok et YouTube

La campagne était par ailleurs déployée sur plusieurs plateformes.

Elle ne fonctionnait pas uniquement à travers Facebook et Instagram, mais également sur TikTok et YouTube.

Le réseau utilisait différentes techniques pour donner davantage de crédibilité aux contenus diffusés.

Certains comptes redirigeaient les internautes vers de véritables médias.

D’autres s’appuyaient sur des marques ou des noms de médias créés spécialement pour l’opération.

Meta cite notamment l’exemple d’un média baptisé « Ar Media », utilisé pour diffuser les contenus produits par le réseau.

Cette méthode permet de présenter une campagne politique coordonnée sous l’apparence d’un média ou d’une source d’information indépendante.

L’intelligence artificielle utilisée dans la campagne

Meta souligne également l’utilisation croissante de contenus générés par intelligence artificielle.

ANO Dialog aurait produit et diffusé de nombreuses vidéos ciblant l’Arménie en utilisant notamment des personnages artificiels et des formats de type « talking heads », donnant l’impression que de véritables intervenants prennent la parole.

Meta estime que ces contenus peuvent encore être identifiés lors d’une analyse approfondie.

Mais leur multiplication montre que les réseaux d’influence considèrent désormais l’intelligence artificielle comme un outil opérationnel permettant de produire rapidement et massivement des contenus politiques adaptés à différents publics.

Une opération structurée et coordonnée

Les révélations de Meta permettent surtout de mesurer l’ampleur du dispositif.

Il ne s’agissait pas de quelques faux comptes isolés ou de militants agissant indépendamment les uns des autres.

Meta décrit un réseau organisé, présent sur plusieurs plateformes, utilisant de faux comptes, des pages, des médias artificiels et des contenus générés par intelligence artificielle.

Ce réseau était lié à ANO Dialog, une organisation elle-même associée aux structures étatiques russes.

Et dans le cas arménien, son objectif identifié était notamment de renforcer le soutien politique à Samvel Karapetyan et à « Strong Armenia ».

Une question majeure pour la diaspora française

Le fait que la France figure explicitement parmi les pays ciblés devrait également interpeller les organisations et médias de la diaspora arménienne.

Depuis plusieurs années, le débat politique arménien s’est considérablement déplacé vers les réseaux sociaux.

Les mêmes contenus, récits et campagnes circulent désormais simultanément en Arménie, en Russie, en Europe et aux États-Unis.

Le rapport de Meta montre que certains acteurs cherchent précisément à exploiter cet espace transnational afin d’influencer aussi bien les citoyens arméniens que les communautés de la diaspora.

Ces révélations donnent ainsi une nouvelle dimension aux interrogations concernant les campagnes numériques pro-russes observées autour de la politique arménienne.

Elles montrent surtout que la bataille autour de l’avenir géopolitique et politique de l’Arménie ne se déroule plus seulement dans les institutions ou lors des élections.

Elle se joue également sur Facebook, Instagram, TikTok et YouTube, au moyen de réseaux coordonnés capables de cibler simultanément l’Arménie et sa diaspora.

Sources : Meta, H2 2026 Adversarial Threat Report ; Fact Investigation Platform (FIP), 28 août 2026.