Selon des propos rapportés par le journaliste Tatoul Hakobian, citant une « source exclusive » non identifiée, l’Azerbaïdjan aurait exigé la reddition de cinq anciens responsables du Karabakh, dont les ex-présidents Arkadi Ghoukassian et Bako Sahakian. Ces informations, invérifiées, coïncident avec la reconnaissance publique de Davit Babayan, le 28 septembre 2023, annonçant se présenter volontairement au parquet azerbaïdjanais après avoir été inscrit sur une « liste noire », le même jour où le président Samvel Chahramanian signait le décret de dissolution de la République du Haut-Karabakh.
Le média « Mer Ughi » (Notre Voie) a publié, sous la signature « Moughni », un texte revenant sur les derniers jours des autorités du Haut-Karabakh (Artsakh) et sur ce que l’auteur présente comme le « secret de la dernière semaine de Stepanakert ». Le texte s’appuie notamment sur les révélations attribuées par le journaliste Tatoul Hakobian à une « source exceptionnelle » ainsi que sur des faits présentés comme avérés.
Selon Tatoul Hakobian, qui avait relaté l’an dernier les derniers jours du pouvoir de l’Artsakh sur la base d’informations obtenues d’une « source exceptionnelle », les autorités azerbaïdjanaises auraient exigé la remise de cinq personnes : les anciens présidents Arkadi Ghoukassian et Bako Sahakian, l’ancien ministre des Affaires étrangères Davit Babayan, l’ancien ministre d’État Rouben Vardanian, ainsi que le commandant de l’armée de défense Kamo Vardanian. L’article précise que cette « source exceptionnelle », dont l’identité pourrait être devinée à partir du contexte du récit, n’a pas précisé la date à laquelle l’Azerbaïdjan aurait formulé une telle exigence.
L’article rappelle un fait établi : le 28 septembre 2023, l’ancien ministre des Affaires étrangères Davit Babayan a annoncé sur Facebook se présenter volontairement au parquet azerbaïdjanais, indiquant figurer sur une « liste noire ». Le même jour, selon le texte, le quartier général de l’information de l’Artsakh a annoncé que le président Samvel Chahramanian avait signé le décret de dissolution de la République du Haut-Karabakh. L’auteur relève qu’aucun lien entre cet « acte juridique » et la demande azerbaïdjanaise de « reddition » des anciens hauts responsables de l’Artsakh n’a été évoqué, ni par la « source exceptionnelle » de Stepanakert, ni par Tatoul Hakobian, qui n’aurait pas rendu publique cette « circonstance délicate ».
Toujours selon l’article, ce même jour, les services spéciaux azerbaïdjanais auraient pris en otage, au poste de contrôle de Hakari ou à proximité, l’ancien ministre d’État Rouben Vardanian, l’ancien commandant adjoint de l’armée de défense Davit Manoukian, ainsi que l’ancien commandant de l’armée de défense Levon Mnatsakanian.
L’article mentionne enfin que le 30 août, jour anniversaire de Bako Sahakian, la plupart des messages de félicitations reprennent l’idée que les autres anciens dirigeants de la République du Haut-Karabakh seraient restés « otages afin d’assurer la sortie sécurisée de la population de l’Artsakh ». Il est rappelé comme fait établi que, le 25 septembre 2023, le quartier général de l’information de l’Artsakh, en réalité le service de presse présidentiel, avait officiellement annoncé la distribution gratuite de carburant dans quatre stations de Stepanakert à destination de ceux souhaitant se rendre en Arménie, et que dans la nuit du 25 au 26 septembre, les premiers convois de personnes déplacées de force avaient franchi le poste de contrôle de Hakari.
Source : Mer Oughin

