Le gouvernement arménien a décidé de placer le studio ArmenFilm sous l’autorité du ministère de la Culture, dans le but de relancer la cinématographie nationale. Fondé en 1923, ce fleuron du 7e art arménien cherche à retrouver son rayonnement international.
Le gouvernement arménien a officiellement décidé de placer le studio ArmenFilm sous l’autorité directe du ministère de la Culture, dans le cadre d’une stratégie de relance de la cinématographie nationale. Cette décision marque un tournant pour cette institution emblématique, dont la production a considérablement décliné depuis la fin de l’ère soviétique.
Fondé en 1923 comme unité de production du cinéma d’État soviétique, ArmenFilm porte le nom du réalisateur Hamo Beknazarian, père du cinéma arménien. À son apogée dans les années 1960-1970, le studio produisait des dizaines de films par an et jouissait d’une réputation internationale, notamment grâce aux œuvres de Sergueï Paradjanov et Henrik Malyan.
Depuis l’indépendance en 1991, le studio n’a jamais réussi à s’adapter au marché contemporain. Manque de financement, concurrence des productions étrangères et difficulté à former une nouvelle génération de réalisateurs ont progressivement affaibli l’institution. Ces dernières années, ArmenFilm ne produisait plus que quelques projets par an, souvent des coproductions internationales à petit budget.
Le transfert au ministère de la Culture vise à doter le studio de ressources supplémentaires et d’un cadre plus solide. Le ministre a évoqué la nécessité de «redonner à l’Arménie une voix cinématographique forte», en investissant dans la formation, les équipements et le développement de scénarios originaux.
Des professionnels du secteur accueillent cette décision avec un mélange d’espoir et de prudence. Si tous s’accordent sur la nécessité d’une réforme profonde, certains s’interrogent sur la capacité du ministère à insuffler une dynamique créative. La question du budget alloué sera déterminante pour juger des ambitions réelles de cette initiative.
