Harutyun Mkrtchyan, allié pro-occidental du président du parti « République », Aram Sargsyan, a annoncé son départ. Il remet en cause la fidélité du dirigeant à la ligne pro-occidentale.
« Excusez-moi, mais cela dépasse l’entendement : comment une force politique libérale peut-elle envisager de s’allier avec un ancien membre de “Arménie prospère”, je le souligne, actif au sein de ce parti après 2018 ? », a déclaré Mkrtchyan.
Le nouveau partenaire du parti « République », l’initiative « Dignité », entretiendrait des liens étroits avec l’homme d’affaires Gagik Tsarukyan. Son dirigeant, Rafael Ayvazyan, a occupé des postes clés au sein de « Arménie prospère » : assistant de Tsarukyan, chef de cabinet du parti et candidat aux législatives de 2018.
« Allons plus loin : s’allier à un oligarque pro-biélorusse, à un oligarque mandaté depuis la Fédération de Russie », a poursuivi Mkrtchyan.
Bien qu’il ne fût pas membre du parti « République », Mkrtchyan collaborait étroitement avec Aram Sargsyan. Lors des dernières élections à Vagharshapat, il en était le candidat à la mairie et a obtenu 1 241 voix. Aujourd’hui, il regrette cet engagement : « Volontairement ou non, le parti “République” a fini par jouer un rôle de verrou dans l’assainissement du paysage politique. »
Membre de l’initiative « Eurovote », Mkrtchyan rappelle que ce mouvement a lancé une collecte de signatures pour soumettre au Parlement un projet visant à initier le processus d’adhésion de l’Arménie à l’Union européenne. Selon lui, ce pôle pro-occidental aurait pu se présenter uni aux élections, mais il est désormais en train de se disloquer :
« C’est le parti “République” qui a annoncé vouloir se présenter seul. Et c’est ce même parti qui, lors de son congrès, a intégré, sous forme de coopération, les soutiens — pour ne pas dire les cadres — d’un oligarque pro-biélorusse. Je ne sais pas dans quel établissement de la région d’Ararat on enseigne une telle science politique, mais c’est un non-sens. Conservateurs et libéraux ne peuvent pas faire front commun. »
De son côté, Ani Khachatryan, figure influente du parti « République », estime indigne de répondre aux accusations de son ancien partenaire. Selon elle, le passé politique du dirigeant de l’initiative « Dignité » ne constitue pas un obstacle :
« Toute personne peut avoir eu un passé, y compris des positions pro-russes, puis évoluer, changer de perspective et considérer que l’Occident est aujourd’hui la meilleure option pour la République d’Arménie. »
Elle souligne par ailleurs que « Dignité » n’est pas un parti, mais une initiative, et ne voit donc pas de contradiction idéologique :
« Ce n’est pas un parti politique, il ne peut donc pas y avoir de divergences politiques à proprement parler. »
Selon elle, les parcours politiques antérieurs ne doivent pas empêcher les coopérations : « Dans tous les partis, il y a d’anciens membres d’“Arménie prospère” ou du parti républicain. Chacun peut porter une initiative, indépendamment de son passé. Commenter les propos de Harutyun Mkrtchyan ne correspond pas à ma position politique — j’en serais presque gênée. »
Aram Sargsyan n’a pas réagi aux accusations publiques de son ancien allié, qui lui reproche de s’associer à des figures du camp opposé.
Il a néanmoins déclaré : « Le citoyen arménien doit nous accorder sa confiance pour que la politique soit à la hauteur des valeurs que nous revendiquons — digne et morale — et qu’elle ne sombre pas dans les insultes et les étiquettes. »
Le parti « République » participera aux prochaines élections législatives, avec Aram Sargsyan comme candidat au poste de Premier ministre.
Source : Azatutyun (RFE/RL)
