photo : « Révolution des couleurs », devant les bâtiments officiels de Skopje, Macédoine, 2015. Boris Grdanoski/AP/SIPA Publié le 24-05-2016

Aujourd’hui, sur la base de signaux faibles que nous exposerons plus tard, évoquons ouvertement d’un processus de « révolution colorée » en Azerbaïdjan. Traditionnellement, à la base d’une telle dynamique se trouve une élite dissidente – souvent exilée en occident – qui anime des sphères de propagande pour fédérer et amalgamer la colère légitime d’une jeunesse privée de pain et de droits.

à partir de l’article de H.Badalyan

« Révolution de couleur » est une expression servant à stigmatiser un mouvement populaire en suggérant qu’il est artificiel et téléguidé depuis l’étranger. Répandu dans le lexique contemporain, l’expression a commencé par désigner une révolution populaire pacifique traduisant les aspirations sincères d’une société civile exaspérée par les fraudes, la corruption et l’étouffement des libertés publiques. Elle a pris une connotation conspirationniste au fil des ans, devenant synonyme d’ingérence américaine ou occidentale ou encore de coup d’État soft contre des régimes, généralement de l’espace post-soviétique, jugés trop indociles à l’égard des États-Unis.
Coups d’État fabriqués ou soulèvements populaires, les deux notions semblent intimement raccordées dans ce cas précis.

Les « peurs colorées » de Bakou commenceraient à s’éveiller

Ayant gagné la deuxième grande guerre en Artsakh, avec le soutien actif et passif de la Turquie et d’Israël, (certains disent même de la Russie), et en même temps l’indétermination d’autres acteurs américains et internationaux, Aliev n’a néanmoins pas résolu cette question aux yeux de son peuple.

En revêtant l’habit du héros qui « restitue » le Karabakh à sa civilisation, Aliev a sur-investi le vocabulaire de la victoire alors même que celle-ci paraissait incomplète aux Azerbaïdjanais. En effet, s’ils avaient gagné, pourquoi à Stepanakert et dans le reste de l’Artsakh, aucune troupe azéro-turque ne se trouvait cantonnée ? Pourquoi la présence militaire arméno-russe s’y était-elle maintenue ?

La victoire sur l’Arménie devait, par ailleurs, résoudre de nombreux problèmes intérieurs en Azerbaïdjan, comme une certaine violence, des disparités, de la corruption etc.

En réaction à ce début de vertige, Bakou a lancé une campagne de contre-propagande pour prévenir une « révolution de couleur » et intensifié ses revendications sur le territoire arménien. Ainsi, Aliev a l’intention de faire taire les griefs et les demandes de la société en Azerbaïdjan, en flattant ses prétentions à la « victoire » et en déclarant qu’il existe toujours un danger de « nazisme » arménien. De cette façon,

Aliev essaie de sauver l’impasse où se trouve son pouvoir après la guerre, la confrontation avec les réalités internes et mondiales, dans le cadre de laquelle il peut progressivement se montrer redondant.

Précisons encore que l’on parle de la personne du président Aliev, et pas du fournisseur d’énergie « Azerbaïdjan ». C’est donc dans cette situation difficile que s’exerce encore et toujours la rhétorique anti-arménienne, plutôt qu’une diplomatie conciliante autour de l’Arménie et de l’Artsakh. 

One thought on “Et si une révolution colorée survenait en Azerbaïdjan ?”
  1. […] Cependant, Aliev il a déjà rencontré Soros plusieurs fois, clichés à l’appui. En conséquence, il a été décidé d’intimider la société azerbaïdjanaise avec des « cercles liés à la capitale arménienne », qui, prétendument inquiets du succès intérieur et extérieur d’Aliev, veulent mener une « révolution de couleur » en Azerbaïdjan.  […]

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