La cérémonie d’investiture du cinquième président de la République d’Arménie Vahagn Khatchatourian a eu lieu le dimanche 13 mars, il a assumé le poste de président. Comme on le sait, après être passé au modèle de gouvernement parlementaire, l’Arménie élit un président non par vote populaire, mais par le parlement. Le président exercera un mandat de 7 ans. 

Par H. Badalyan

La présidence arménienne est largement symbolique, elle n’a pas de levier significatif de gouvernement. Ceci-dit, ce cas est typique des pays avec un modèle de gouvernement parlementaire, pas une spécificité de l’Arménie. La question de la « particularité » se pose ensuite, lorsque chacun des pays « définit » les actions du président en fonction de sa situation et de ses problèmes, sur la base du modèle de gouvernement parlementaire. 

En ce sens, pour le cinquième Président de la République d’Arménie, la tâche première est de créer un dialogue avec le public, une nouvelle culture de la communication, une nouvelle logique, de nouveaux canaux. Le manque pratique de pouvoirs de gouvernement n’est pas seulement un problème pour Vahagn Khatchatourian, c’est aussi une opportunité. En n’étant pas le plus haut responsable de l’État responsable du résultat immédiat du gouvernement, le président peut transformer ce fardeau de responsabilité en une opportunité de relations publiques ouvertes. 

Et la tâche principale devrait être de faire sortir la société arménienne de l’étroit prisme dans lequel la vie politique de l’Arménie s’est trouvée enferrée à la suite des trois dernières décennies, dans lesquelles les oppositions constructives au destin de l’Arménie ont été malmenées, renversées.

Vahagn Khatchatourian assume le poste de président de l’Arménie à un moment où le monde est au stade de transformations et de réalignements profonds et à grande échelle, qui comportent de grands risques pour l’Arménie, ainsi que de nombreuses opportunités.

Sans levier de contrôle direct et en même temps sans charge contraignante inutile, la tâche principale du président est d’amener l’opinion publique à un niveau de clairvoyance plus élevé sur évolutions fatidiques du monde, créant ainsi une forte demande pour une nouvelle qualité de la vie politique, publique et civique.

Soit dit en passant, il est très symbolique que la cérémonie d’investiture du cinquième président ait eu lieu le jour de l’anniversaire du grand poète Yeghishe Charents. Il est symbolique dans le sens où Charents était le seul, sinon le seul, porte-drapeau de la poésie arménienne, qui a sans aucun doute couvert le monde de son horizon créateur. 

Vahagn Khatchatourian pourra-t-il résoudre ce problème ? Seul, bien sûr difficilement, mais ses choix de partenaires pour cette mission est primordiale pour la suite.

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