Si Erdogan normalise les relations avec l’Arménie, il recevra le soutien des États-Unis et de l’Union européenne

Le processus de normalisation des relations entre l’Arménie et la Turquie dépend principalement des exigences internes des dirigeants turcs, et non des relations turco-azerbaïdjanaises. Kerim Has, expert turc dans le domaine des relations internationales russo-turques*, a exprimé une telle opinion dans une conversation avec CivilNet

La cote de R.T.Erdogan baisse rapidement, la crise économique s’aggrave, l’inflation dépasse les 40 %, il y a la question des réfugiés, qui a soulevé une vague de mécontentement dans la population.

Pendant huit années consécutives, l’état de l’économie turque s’est détérioré, pour la première fois en 100 ans d’histoire de la Turquie, même pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Plus nous nous rapprochons des élections de 2023, plus Erdogan aura besoin du soutien de l’Occident, or si Erdogan normalise les relations avec l’Arménie, il recevra le soutien des États-Unis et de l’Union européenne, ce qui augmentera son crédit dans la sphère étrangère.

Cependant, il ne faut pas oublier qu’Erdogan est dans une alliance avec les forces nationalistes, il sera difficile d’être trop affable avec les Arméniens. Il enverra toujours des signaux indiquant qu’il est prêt à normaliser les relations, mais nous verrons à l’avenir dans quelle mesure cela est faisable. Pour le moment, il est plus susceptible de lancer une nouvelle opération en Syrie, jouant les sentiments nationalistes et populistes dans le pays pour dissimuler la crise économique.

Cengiz Aktar — Wikipédia
Cengiz Aktar

En raison de sa situation interne, la Turquie ne peut pas dire « non » à l’Azerbaïdjan

Le politologue turc Cengiz Aktar a une opinion contraire sur le facteur azerbaïdjanais dans le processus de normalisation des relations arméno-turques. Akhtar a déclaré :

« En théorie, la normalisation des relations Turquie-Arménie est possible, mais en pratique – politiquement – non, il y a une autre raison à la dernière circonstance – le facteur de l’Azerbaïdjan. Cela est dû au fait que l’Azerbaïdjan a fait d’énormes investissements en Turquie, et la Turquie a besoin de financement.

Il faut tenir compte de l’influence de l’Azerbaïdjan en Turquie (chose qu’on prend peu la peine de faire en se laissant leurrer par la puissance « physique » turque). Et si nous examinons ces relations, l’Azerbaïdjan peut exercer un chantage sur la Turquie tant qu’elle ne recevra pas de soutien ferme sur les termes de l’accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, sur le désir de l’Azerbaïdjan d’annexer le Karabakh. 

Cela renvoie également à la question du « corridor ». Il y a l’exigence problématique du « couloir » – la route reliant l’Arménie et l’Azerbaïdjan au Nakhitchevan. La Turquie, en raison de sa situation interne, ne peut pas dire « non » à l’Azerbaïdjan. Il faut en tenir compte. »

https://youtube.com/watch?v=odDmtEKaesc%3Fenablejsapi%3D1%26origin%3Dhttps%253A%252F%252Fwww.civilnet.am

*Kerim Has est l’auteur de l’un des articles du livre « Storm in the Caucasus », « The Second Karabakh War as a Reflection of Turkey’s Foreign Policy Strategy ». La partie de l’entretien avec Has sur les relations arméno-turques est traduite ci-dessous.

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