photo : Ararat Mirzoyan, Ministre des affaires étrangères de la République d’Arménie.

La Russie ne participera pas à la conférence annuelle sur la sécurité mondiale qui se tiendra à Munich du 18 au 20 février, qui pourrait autrement être qualifiée de « Davos » dans le domaine de la sécurité. 

À propos, il est à noter que le Forum économique annuel de Davos, qui est un événement international majeur, a été reporté en raison de l’épidémie de coronavirus ; traditionnellement, la conférence de janvier aura lieu en mai. C’est un détail non négligeable dans le sens où la conférence de Munich sur la sécurité ne sera pas reportée, elle se tiendra non loin de là. 

Ce fait est également compréhensible : la conférence se déroule à un moment de tension sans précédent pour la sécurité mondiale, qui se concentre sur la frontière européenne sous la forme de plus de cent mille unités russes concentrées sur la frontière russo-ukrainienne-biélorusse-ukrainienne .

La question de la sécurité mondiale est plus aiguë que jamais, c’est pourquoi la conférence est un moment de réflexion des plus urgents, même si elle peut être considérée comme un tour de table « théorique ».

Dans ce contexte, la question de la participation de l’Arménie est possible. Une décision officielle à ce sujet n’a pas encore été publiée, à quel niveau officiel l’Arménie participera-t-elle ? Le fait que la Russie ne sera pas à Munich peut donner à penser qu’elle acceptera à contrecœur la participation de l’Arménie à Munich. Il est difficile de dire s’il y a un tel problème ou non. 

En tout cas, Moscou avait beau avoir sévèrement évalué la grande conférence sur la démocratie initiée par le président américain Biden, ça n’a pas empêché l’Arménie d’accepter l’invitation du président américain et de participer à cette conférence par la voix de son Premier ministre. 

Erevan ne remet pas en cause ses relations avec la Russie, mais surtout, se ménage un terrain d’indépendance vis-à-vis d’elle en prenant part au concert des nations à son niveau. Ainsi, la participation de l’Arménie à la Conférence de Munich sur la sécurité va au moins dans le sens d’assurer ce semblant d’équilibre avec son garant et tuteur de facto : la Russie.

Dans le même temps, il est peu probable qu’Erevan tente de prendre le contrepied, notamment en cherchant à articuler sa formule ou sa vision de la stabilité régionale dans le Caucase dans le cadre de l’enjeu stratégique de la stabilité sécuritaire globale. L’Arménie ne doit pas être « poussée » à Munich dans ce cycle de négociations intensif et difficile entre les principaux acteurs de la sécurité, mais elle ne doit pas se contenter d’être simplement présente.

À la conférence de Munich, l’Arménie doit atteindre le « juste milieu », essayant même de parler depuis sa position modeste, essayant de combiner le travail de la Russie avec « l’Occident » et d’en tirer le meilleur parti pour elle-même.

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