Mercredi 6 octobre dernier, Vahram Atanesyan, politologue et ancien président de la Commission permanente des relations étrangères du Parlement d’Artsakh, a répondu aux questions du média First News (source en bas de page)

Hier [mardi 5 octobre], Robert Kocharyan a donné une conférence de presse où il a évoqué la guerre de 44 jours, affirmant qu’il y avait des gens du bâtiment présidentiel d’Artsakh qui, pendant toute la guerre, ont été épargnés par l’Azerbaïdjan. À qui fait allusion Kocharyan, dans quelle mesure ses paroles peuvent-elles avoir quelque chose à voir avec la réalité ?

– Pour autant que je me souvienne, pendant les deux années de la première guerre, l’Azerbaïdjan n’a pas non plus ciblé spécifiquement le centre de Stepanakert, le siège du PPC, le Conseil suprême. Il est intéressant de savoir qui était à l’oeuvre à ce moment-là. Et sérieusement, je dois dire que d’une part, ils prétendent que pendant la guerre « le complot a eu lieu au poste de commandement de l’armée de défense » ou dans les soi-disant « bunkers »… et l’instant d’après la résidence du président est considéré comme un « repaire de traîtres » ? Quelle est la logique ici ? 

Les paroles d’un ancien président doivent être soupesées, étayées, bien fondées et stables. 

– Kocharyan parle de la défaite planifiée, du fait que les militaires doivent parler de ce qui s’est passé. Vos commentaires sur cette note.

– J’ai été l’un des premiers à poser une question dans un post Facebook sur, par exemple, qui a été nommé en charge de la défense de Shushi, le chef de la garnison de la ville forteresse. Je n’ai pas reçu de réponse. Mais les perceptions d’un particulier, d’un homme politique-homme d’État ne devraient pas être les mêmes. M. Kocharyan, notamment, affirme que Vitaly Balasanyan a demandé à être nommé commandant de la direction, ce qui lui a été refusé. Existe-t-il un rapport du général de division Vitaly Balasanyan ? A qui était-il adressé, qui a refusé, pour quelle raison ? 

De telles questions méritent un examen sérieux. Maintenant, tel militaire dit une chose, tel autre en dit une autre. Je suis tout à fait d’accord avec le deuxième président sur un point : il n’y avait pas de stratégie centralisée et coordonnée. C’est même prouvé par les militaires. Quant à savoir si cette défaillance fut « organisée » ou non par incompétence, je ne peux pas évaluer. Je ne suis ni militaire ni fonctionnaire.

– Kotcharian dit « Vous avez [trop concédé] à l’Azerbaïdjan. Négocier à genoux n’est tout simplement pas pratique. Et surtout [on] ne peux pas négocier avec une personne qui se moque de nous, ça fonctionne pas. » Comment évaluez-vous la position de l’Arménie dans ces réunions ?

– Encore une fois, je dois souligner une contradiction logique. Le deuxième président dit que ce ne sont pas les armées qui sont en guerre, mais les États. C’est une observation tout à fait correcte, après quoi ce n’est pas Nikol Pashinyan qui a perdu, mais l’État arménien (Arménie-Artsakh). Par cette logique, quelle différence cela fait-il sur qui négocie avec Aliyev ?

Il sera tout de même le chef d’un État défaillant en raison des réalités de l’après-guerre. 

Et quelle est la principale raison de l’échec de cet État ? À mon avis, c’est le mythe cultivé depuis vingt-trois ans que nous sommes un pays victorieux, un peuple, nous « avons l’Azerbaïdjan sous notre botte ». 

La figure politique de Nikol Pashinyan est la naissance de cette culture. Ce mythe a été vaincu. Et celui qui a contribué à la culture du mythe, qu’il réponde d’abord à sa propre conscience, puis au peuple arménien, et qu’il accepte vérité historique.

M. Atanesyan, Kocharyan devient plus actif, commence une lutte. De manière générale, comment évaluez-vous son activation ? En fait, le chef de l’équipe qui s’est déclarée opposition ne sait que faire. De quoi cela parle-t-il ?

– Premièrement, le deuxième président n’est guère un chef de l’opposition. Je doute même que tout le monde dans le bloc « Arménie » aspire à son retour au pouvoir. Quant à demander des conseils sur ce qu’il faut faire, il ne peut qu’être bien accueilli. 

L’Arménie est vraiment au stade d’une épreuve grave, une épreuve dont le dépassement optimal et moins douloureux est au-delà du pouvoir d’un parti ou d’une équipe politique. 

C’est une dure réalité, tous ceux qui exigent la démission de Pashinyan ou envisage de l’évincer doivent « passer un test » de bon sens, de compétence et de détermination. C’est impossible sans consultations à grande échelle. 

Le deuxième président est-il prêt à passer par « l’expiation » ? 

Robert Kocharyan

Peut-être que son mot « demander conseil » doit être compris dans un contexte politique ? Je ne suis pas sûr, mais je pense que cette nuance de son discours post-électoral doit être prise au sérieux.

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