par Hakob Badalyan (source en bas de page)

Le ministre arménien des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan, qui est à New York pour assister à l’Assemblée générale des Nations Unies, a rencontré son homologue grec Nikos Dendias. Des questions tant bilatérales qu’internationales, y compris la situation dans le Caucase, ont été discutées au cours de la réunion. Les deux ministres ont estimé qu’il était possible de faire des efforts pour approfondir la coopération bilatérale. 

En ce sens, il est à noter que la réunion des ministres des Affaires étrangères grec et arménien n’a pas eu à son ordre du jour la coopération trilatérale annoncée en mars 2019 à l’initiative de l’Arménie, lorsque le ministre arménien des Affaires étrangères Zohrab Mnatsakanyan est parti pour Chypre. A l’époque, l’Arménie, Chypre et la Grèce avaient annoncé une résolution trilatérale, dans le cadre de laquelle plusieurs réunions se sont tenues au niveau des ministres des Affaires étrangères. La première Assemblée des dirigeants des trois pays devait se tenir à Erevan en janvier 2020. 

Pourtant, l’année 2020 a commencé avec des développements assez inattendus et rapides : la crise américano-iranienne après l’assassinat du général Suleimani, puis le coronavirus, le gel de facto de la vie mondiale, et en septembre la guerre turco-azerbaïdjanaise contre l’Artsakh et l’Arménie. 

En ce sens, il est clair que les perspectives de l’Assemblée des trois pays en 2020 se heurtaient à des problèmes objectifs. Mais maintenant, la question est de savoir si la taille de la troïka reste à l’ordre du jour ou si l’Arménie, la Grèce et Chypre ne s’y intéressent pas. 

Cette résolution était-elle une tentative pour Erevan de créer une certaine atmosphère internationale de retenue pour la Turquie, sachant pertinemment que la Turquie serait le principal sponsor du militarisme azerbaïdjanais ? Dès lors, la perspective de coopération trilatérale Arménie-Grèce-Chypre n’est-elle plus pertinente dans la logique des réalités d’après-guerre ? 

En ce sens, lors des premières réunions de l’initiative, des experts [l’auteur en réalité, NDLR] ont exprimé l’opinion que l’initiative de la troïka, étant politiquement significative, ne devrait pas s’inscrire dans la logique de l’agenda « anti-turc », c’est-à-dire le « ciment » de l’initiative ne devrait pas être l’opposition à la Turquie, bien qu’il soit indéniable que ce programme d’initiative conjoint puisse avoir un effet dissuasif indirect pour la Turquie.

Il n’y a toutefois pas mention d’une reprise de ce thème de coopération tripartite dans les informations sur la rencontre entre les ministres des Affaires étrangères de l’Arménie et de la Grèce hier. Les parties préfèreront peut-être ne parler qu’en cas de résultat pratique…

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