photo : Kiev, 14 janvier, cérémonie de signature de documents de coopération bilatérale entre l’Azerbaïdjan et l’Ukraine en présence des deux chefs d’Etat.

Au plus fort de la crise ukrainienne, alors que le président russe Vladimir Poutine a averti qu’en cas de menace militaire contre la Russie, il frapperait tout le monde avec son propre arsenal sans exception, Ilham Aliyev s’est empressé de clarifier la position de son pays en faveur de l’Ukraine (par Armen Vardanian)

Deux jours après le message acerbe du dirigeant russe, le dirigeant de Bakou a annoncé qu’il soutenait l’intégrité territoriale de l’Ukraine, comme d’autres pays, et en a parlé ouvertement. Parler de soutien à l’intégrité territoriale de l’Ukraine à un moment où la guerre en cours vise à protéger le droit à l’autodétermination de Donetsk et Lougansk est une indication claire, non seulement en paroles mais aussi en actes, contre la Russie.

Aliyev s’est permis d’en dire plus ce jour-là.
Notant que l’Azerbaïdjan entretient de bonnes relations avec la Russie, le dirigeant de Bakou a déclaré que les principes du droit international ne devraient pas être déformés en raison de la suprématie politique. Il s’agit d’une démarche ouverte contre Moscou, alors que la force de maintien de la paix russe est le garant du cessez-le-feu en Artsakh.

Peut-être Aliyev a-t-il donné du crédit à la déclaration de Vladimir Zelensky lors d’une récente conférence de presse lorsqu’un journaliste azéri lui a demandé que la Russie passerait à l’Azerbaïdjan après avoir atteint son objectif en Ukraine ?

La déclaration du dirigeant de Bakou suppose une assistance militaire à l’Ukraine déchirée par la guerre, comme le fait la Turquie. Cette dernière, en fournissant des Bayraktar à l’Ukraine, inflige concrètement des pertes aux forces armées russes.

Semyon Pegov

Par ailleurs, le journaliste du projet Vargon Gonzo Semyon Pegov a récemment rapporté que le président turc Recep Tayyip Erdogan avait envoyé un important groupe de « loups gris » (groupuscule nationaliste turc) en Ukraine, via la Pologne.

Ce site couvrant la guerre est considéré comme une source proche du Kremlin avec de solides renseignements. Il a été le premier à soulever la question de la formation des extrémistes djihadistes pour participer à la guerre d’Artsakh dans les zones sous contrôle turc du nord de la Syrie et de leur transfert en Azerbaïdjan, ce qui a ensuite été confirmé par de nombreux faits et la capture de deux terroristes par les forces de l’Armée de défense d’Artsakh.

La Russie, déjà confrontée à de sérieuses difficultés pour fournir en Ukraine quantité d’armes et de main-d’œuvre, a également refusé de poursuivre les négociations d’un accord de paix. Déterminée à poursuivre la guerre, la Russie va donc devoir cibler les partisans turcs en Ukraine. Il est possible qu’à un certain stade, l’escalade entre ces pays soit inévitable.

Pour sa part, la Turquie a durement répondu à la déclaration sévère de Vladimir Poutine à l’égard de l’OTAN. Lors de sa visite en Amérique latine, Mevlut Cavusoglu a déclaré que l’Alliance de l’Atlantique Nord donnerait à la Russie la réponse nécessaire en cas d’attaque contre l’un de ses alliés. Annonçant que l’OTAN n’interviendrait pas dans le conflit en Ukraine, le ministre turc des Affaires étrangères a déclaré. « Mais s’il y a la moindre attaque contre un allié, nous réagirons en conséquence.« 

Ainsi, le couple turc dévoile progressivement sa position sur le conflit ukrainien et, en particulier, sur la Russie. En cas de prolongation de la crise en Ukraine, cette ligne anti-russe s’approfondira. Toute tension dans les relations entre la Russie et le tandem turco-azerbaïdjanais aura un impact sur le statu-quo actuel autour de la République d’Artsakh. C’est une raison plus que valable pour augmenter et diversifier le système de sécurité de la République d’Arménie.

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