La Turquie peut utiliser la guerre en Ukraine, profiter de la mise au second plan de l’occupation russe en Artsakh pour fondre sur le Syunik des deux côtés, et s’en emparer. Ces préoccupations sont fortement soulevées par l’opposition politique et dans la société arménienne. Définitivement, le Syunik d’après-guerre demeure cette « épée de Damoclès » sur l’Arménie.

par H. Badalyan

Evidemment, les personnalités de l’opposition sont logiques sur ce point. Lorsqu’une telle situation se présente, il est très difficile de dire quelle importance aura le Caucase, le « dos de la Russie », s’il est amené à en avoir un. En effet, c’est un point de départ idéal pour frapper Moscou. 

C’est pour cette raison, entre autres, que Poutine a invité Aliev à Moscou le 22 février, à la veille d’ordonner une attaque contre l’Ukraine. Il lui a demandé des garanties. Et Poutine a également averti Aliev qu’en cas de violation de ces « déclarations d’allié », l’exemple du Donbass et de Lougansk pourrait s’appliquer à Bakou. 

Mais, allez savoir, peut-être Aliev a-t-il mal compris l’allusion de Poutine.

Cependant, les événements peuvent avoir un cours imprévisible, surtout quand Erdogan, non moins »aventureux » que Poutine, peut se mettre à l’avant-garde. Il déclare d’ailleurs que l’OTAN devrait être décisive dans la question ukrainienne, et ajoute même ne pas vouloir se contenter de tenir un rôle de conseil. 

On ne sait pas encore ce que signifie ce propos d’Erdogan, avec qui Poutine a parlé au début de la guerre (une rencontre directe peut survenir) Mais il ne faut pas exclure que le « Sultan » essaie simplement de marquer des points comme allié majeur de l’OTAN, puis d’utiliser cette crédibilité pour arriver avec plus de poids dans la médiation du conflit, à la fois vis à vis de la Russie, de l’Ukraine, de l’Occident en général, mais également auprès de son propre électorat.

Revenons au Caucase. 

En cas d’événement imprévu, Erdogan pourrait intervenir pour amener la Russie à parlementer dans le Caucase, notamment en coopération avec l’Occident. Selon cela, bien que significativement théorique, mais bien sûr, il existe un danger que quelqu’un dans le Caucase puisse profiter de l’occupation russe. 

De plus, peut-être même pour la Russie, ce moment houleux des relations international peut tenir le Caucase au calme. 

Mais à quelle conclusion ce danger théorique doit-il conduire ? Cela devrait conduire à la conclusion que pour ne pas devenir un « appât commercial » dans les conditions de l’occupation russe, l’Arménie devrait essayer de prendre des mesures pour neutraliser de tels risques, dont une des clefs réside dans la continuation du processus de re-contact arméno-turc.

C’est là que s’arrête la « logique » de l’opposition arménienne, ils ne parlent pas en faveur de ces contacts, mais contre eux, pour ne pas dire plus. La raison en est que ces cercles d’opposition ont la meilleure idée que la présence militaire russe au Syunik exclut pratiquement une attaque turco-azerbaïdjanaise sur Syunik, surtout maintenant que la Russie est au « pic » de sa présence militaire. 

Le danger dans cette affaire vient de la Russie, au cas où l’Arménie essaierait de prendre une mesure drastique pour sortir de la sphère d’influence de la Russie.

Après tout, le Syunik d’après-guerre demeure cette « épée de Damoclès » sur l’Arménie.
Actuellement, en l’absence d’événement décisif, nous en sommes tous réduits à la spéculation politique.

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