Mariam Grigoryan pour First News (source bas de page)

Interview du politologue israélien Avigdor Eskin.

– Monsieur Eskin, que pensez-vous de la tension dans les relations irano-azerbaïdjanaises ? Il est à noter que les actions de l’Azerbaïdjan en Iran sont liées à l’influence d’Israël. Quel est le rôle d’Israël dans tout cela ?

La politique de l’Iran a toujours été compliquée. Peu étudient l’idéologie et la pratique politique réelle dans ce pays. D’où l’incompréhension de ses objectifs et de ses problèmes. 

Commençons par le fait que personne à Téhéran ne parle des actions de l’Azerbaïdjan à l’intérieur de l’Iran. 

Ils supposent que les dernières opérations d’écrasement du régime de l’ayatollah ont été menées par Israël et sont parties du territoire azerbaïdjanais. 

C’est ce que le guide suprême Khamenei voulait dire lorsqu’il a appelé à résoudre tous les problèmes de relations avec Bakou sans l’intervention de forces extérieures. Cette déclaration de Khamenei peut inspirer l’optimisme. 

Si l’Iran cessait de soutenir le Hamas, le Jihad islamique dans la bande de Gaza, arrêtait l’aide directe aux terroristes à l’intérieur d’Israël, alors le conflit entre Jérusalem et Téhéran s’affaiblirait immédiatement. Toute la situation au Moyen-Orient serait réduite si l’Iran cessait ses actions dirigées contre l’Arabie saoudite et le Yémen. Cependant, comme nous le comprenons, Khamenei voulait dire autre chose.

– L’Iran organise des exercices militaires à grande échelle, annonçant l’irrecevabilité de modifier les frontières dans la région. Que pensez-vous de tout cela en Israël ?

– L’Iran a toujours soutenu le changement des frontières dans la région en faveur de l’Azerbaïdjan. Pendant la guerre, l’ayatollah Khamenei a déclaré sans équivoque : L’Arménie doit donner tous les territoires à l’Azerbaïdjan, y compris le Karabakh. Ali Akbar Velayati, le conseiller de Khamenei, s’est exprimé encore plus brutalement il y a un an, comparant « l’occupation du Karabakh par l’Arménie » à « l’occupation de la Palestine par Israël ». 

En même temps, il y a des malentendus entre l’Iran et l’Azerbaïdjan. Beaucoup à Téhéran voient l’Azerbaïdjan comme un « quartier nord », une unité territoriale aléatoire qui serait plus tard remise à l’empire chiite. L’Iran lui-même vit avec vingt à trente millions d’Azéris, dont le guide suprême Khamenei. Certains en Azerbaïdjan regardent avec enthousiasme le nord de l’Iran, où vivent leurs compatriotes.

[ Mais en réalité, les Azéris d’Iran ne vivent pas ce malentendu identitaire. Ils sont Iraniens. NDLR ]

– L’Arménie peut-elle profiter des relations tendues entre l’Iran et l’Azerbaïdjan ?

L’Arménie a participé aux programmes militaires iraniens dans les années 1990 et 2000. Aujourd’hui, cependant, son potentiel scientifique a diminué et on ne sait pas ce que Erevan peut offrir à Téhéran. Aujourd’hui, l’Arménie est fortement affaiblie par la guerre, la crise sociale et l’émigration continue de la population. 

Nous ne devons pas exagérer la gravité des différends entre l’Azerbaïdjan et l’Iran. 

À l’heure actuelle, tout le tapage est dû à plusieurs opérations militaires israéliennes présumées. L’Azerbaïdjan profite d’une telle crise au niveau de la rhétorique. Cela rehausse le profil de Bakou aux États-Unis Ouest. Mais ce ne semble pas aller au-delà. 

À cause de la guerre, l’Iran s’est retrouvé à la rive du conflit du Karabakh. On peut voir dans ce conflit les signaux d’un renforcement de Moscou ou d’Ankara, mais pas de Téhéran.

– Les différends entre l’Azerbaïdjan et l’Iran doivent être résolus sans l’intervention de forces extérieures. La déclaration est venue du chef par intérim de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, dimanche. Quelles forces peuvent intervenir dans ces processus ?

– Les questions controversées entre Bakou et Téhéran seront résolues par la diplomatie.

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