La violation du principe de respect mutuel sur le principe d’égalité est l’impasse de toute négociation

par Armen Vardanyan

L’autre jour, le ministre turc de la Défense a parlé de rétablir la paix. Or, les vues arménienne et turque sur le phénomène de l’instauration de la paix dans la région ne coïncident pas, avant tout en raison des actions de ces derniers. Par ailleurs, le discours officiel d’Ankara évoque souvent la question de l’établissement de relations arméno-azerbaïdjanaises.

Mais deux tendances se contredisent.

  • La première est que l’on essaie systématiquement de donner l’impression que la partie arménienne torpille le processus d’établissement de la paix dans la région, tandis que la partie arménienne a déclaré à plusieurs reprises qu’elle était intéressée à établir la paix, la stabilité et la coopération.
  • La seconde est que l’élément turco-azéri parle presque toujours le langage des ultimatums. La dernière déclaration du ministre de la Défense turc Hulusi Akar n’avait pas d’arêtes vives. « Nous espérons que l’Arménie n’y verra aucun signe de faiblesse, fera le bon pas et acceptera l’offre de paix. « Nous espérons que l’Arménie acceptera la paix offerte par l’Azerbaïdjan et qu’il y aura bientôt la stabilité, la paix et la tranquillité dans la région », a-t-il déclaré.

Il convient de noter qu’il y a un mois, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu avait, pour sa part, déclaré que si l’Arménie n’acceptait pas l’offre de paix et n’ouvrait pas les canaux de communication dans la région de la manière proposée par Bakou, elle pourrait faire face à de nouvelles pertes. Belle leçon de diplomatie, non sans défi dans le ton..

Aussi étrange que cela puisse paraître, dans le contexte de ces déclarations, celle du ministre de la Défense est formulée dans un langage et des règles plus que diplomatiques. Le ministre turc de la Défense parle cependant d’une certaine faiblesse.

Si Ankara veut dire que l’Arménie est faible, c’est plus qu’une évaluation subjective.

La République d’Artsakh, avec une population de 160 000 âmes, avec le soutien de l’Arménie et ses 3 millions d’habitants (sans compter les douze de la diaspora), a combattu contre les armées, les spécialistes militaires et les militants djihadistes d’Azerbaïdjan, de Turquie, d’Israël et du Pakistan, avec une population cumulée de plus de 150 millions d’habitants et leur détention d’armes nucléaires, et a mené une bataille digne.

En tout cas, le soldat arménien n’a pas été vaincu, il est difficile de le convaincre qu’il a perdu la guerre. Le soldat arménien peut confirmer cette conviction dans un avenir proche, même si les conditions positives minimales lui sont fournies, et la partie turque le sait bien et est dans une peur constante. C’est pourquoi il exige que l’intégrité territoriale mutuelle soit reconnue dans les plus brefs délais.

En parlant du deuxième aspect significatif de la déclaration d’Akar, il convient de noter qu’elle ne ressort pas avec tact. L’Arménie est un État membre de l’OTSC, la 102e base militaire russe se trouve sur son territoire, et si la partie arménienne a besoin d’être reconstruite en raison de la perte d’équipements militaires et de main-d’œuvre pendant la guerre, en revanche, le territoire de l’Arménie est sous influence de l’unité militaro-politique de l’OTSC, à son tour à l’OTSC et à son chef la Russie.

La puissance militaire de cette dernière n’est d’ailleurs pas mésestimée par l’OTAN, dont l’armement est majoritaire dans l’équipement militaire turc. Par conséquent, parler de faiblesse dans ces conditions peut au moins semer la confusion pour quiconque connaît les événements de la région et des peuples.

La partie turque ne comprend toujours pas que l’établissement de relations ne peut pas être dans le langage de la coercition, cela donnera des résultats sous la forme de négociations avec les pairs, et ces derniers essaient d’agir à partir de la position du vainqueur de la guerre. Cette attitude s’accompagne d’exigences plus fanatiques, qui peuvent naturellement conduire à des mesures défensives de la partie arménienne.

On ne peut pas parler à la table diplomatique par la force des armes, même si elle se présente sous la forme d’une union de deux États turcs, leurs deux principaux alliés et des militants djihadistes. L’Arménie recherche la stabilité depuis plus de 30 ans, et si la partie turque veut vraiment la paix, elle doit accepter le facteur primordial de la reconnaissance du statut de la République d’Artsakh, principal problème régional.

Sans chefs d’Etats civilisés et raisonnables, il est impossible d’établir une paix durable dans le Caucase du Sud.

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