L’éventuelle invasion russe de l’Ukraine, pour peu qu’elle soit réaliste, est en ce moment la principale question de sécurité internationale, surtout depuis que les États-Unis et l’OTAN refusent les propositions de la Russie sur les « garanties de sécurité ».

par Hakob Badalyan

Alors que Washington et Bruxelles se sont déclarés prêts à poursuivre le dialogue, la question se pose toujours de savoir si Poutine prendra des mesures militaires s’il est débouté. La conclusion générale ou dominante est que ce qui se passe dans la tête de Poutine est un mystère pour le monde. 

Il y a deux préoccupations principales pour l’Arménie dans ce contexte :

1 – Dans les conditions d’une escalade militaire en Ukraine, la Russie pourrait exiger de l’Arménie qu’elle combatte à ses côtés. La question n’est d’ailleurs pas purement militaire. C’est un dilemme très grave pour l’Arménie. Ce serait pour elle un risque sérieux de se conformer ou non à une telle demande.

La Russie joue en tandem avec la Biélorussie et ne considère pas encore l’Arménie, d’autant plus que la logique des événements n’est pas du tout prédictible. En effet, le contenu des pourparlers américano-russes demeure assez « mystérieux », dégageant l’impression que les Etats-Unis et la Russie « scannent » les sujets de leur discorde point par point, et n’ont pas encore atteint le Caucase. 

2 – Autre risque moins probable : Celui d’une déclaration d’allégeance de la Turquie à l’OTAN en cas d’annexion du Donbass par la Russie. 

Ces réalités qui rendent les contacts arméno-turcs encore plus importants, même pas en perspective d’un règlement de la question politique et historique arméno-turque, mais pour préserver l’Arménie d’être prise dans la mêlée, elle qui réside dans un étau géopolitique à haut risque. Car dans l’actuelle configuration des relations internationales, tout développement soudain des événements peut avoir des conséquences imprévisibles. 

Certes plus facile à décréter qu’à organiser, il faut garder l’Arménie hors du « polygone » dans le risque élevé d’une nouvelle collision géopolitique. 

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