par Aram ABRAHAMYAN

OPINION | Il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur la réunion Poutine-Pachinian-Aliyev vendredi 26 novembre dernier.

Comme toujours, les résultats seront visibles dans le contexte de développements ultérieurs, bien que dans ce cas, il n’y ait clairement aucune raison d’être optimiste. La déclaration tripartite adoptée se compose essentiellement de deux points.

1/ Les parties conduiront le processus vers la création d’une commission de démarcation arméno-azerbaïdjanaise – avec le « soutien consultatif » de la Russie. Mais ce soutien n’est pas clair.

Pourquoi cette commission voit-elle le jour dans des conditions où, comme le Premier ministre arménien lui-même l’a déclaré, l’Azerbaïdjan a envahi le territoire souverain de l’Arménie ? N’est-il pas logique que l’Azerbaïdjan retire ses troupes de ces territoires avant le début du processus ?

2/ La Commission Trilatérale de Déblocage a fait du bon travail, il est conseillé de commencer à mettre en œuvre des projets spécifiques. On ne sait pas de quoi il s’agit, et il y a toujours des doutes, Maintenant sur ce qui n’est pas dans cette déclaration. Pashinyan n’a parlé de rien pendant la réunion, du moins devant les caméras.

3/ Rien n’est dit sur les prisonniers de guerre.

4) Rien n’est dit sur le fait que la question de l’Artsakh doit être résolue dans le cadre du groupe de Minsk.
Étant donné que la déclaration est signée par trois personnes, il faut supposer qu’à l’exception de Pashinyan, les deux autres, pour employer un euphémisme, n’étaient pas intéressés par la présence de tels articles.

Dans ses remarques de clôture, Poutine a parlé de « questions humanitaires » et de progrès, ajoutant que les principes de démarcation et de délimitation seraient convenus d’ici la fin de l’année, les chefs de gouvernement adjoints se réunissant à Moscou dans une semaine pour publier une déclaration.

Pourquoi Poutine avait-il besoin de cette réunion ? De l’avis de l’auteur (Abrahamyan), son objectif principal était de souligner une fois de plus à qui appartient cette région. Le fait de la réunion trilatérale à Sotchi est dû au fait que les parties ont annoncé plus tôt leur réunion à Bruxelles.

La Russie ne peut permettre à aucune initiative visant à normaliser les relations entre les deux pays d’aller « au-delà de ses frontières », même si Poutine dit qu’il « salue » la rencontre à Bruxelles.

On sait que le Kremlin, en particulier, a une attitude extrêmement négative envers les programmes de partenariat oriental de l’UE. Donc, maintenant, on peut dire que Sotchi a neutralisé, privé de sens, Bruxelles.

L’Arménie n’a rien gagné à cette rencontre.

De plus, Aliyev a laissé entendre qu’il sera obéissant en Artsakh, car il y a des soldats de la paix russes là-bas, et qu’il fera tout ce qu’il veut à la frontière arméno-azerbaïdjanaise, car il n’y a pas de casques bleus russes là-bas. L’Arménie n’a aucune chance de gagner quoi que ce soit, puisque les négociations sont menées par le Premier ministre, qui a été vaincu dans la guerre.

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