Parlant de l’offre de le rencontrer, qui, selon lui, a été transmise par le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan par l’intermédiaire du Premier ministre géorgien, le président turc Erdogan a en fait conditionné cette rencontre – le dialogue arméno-turc en général – « au couloir du Nakhitchevan. » 

Bien que la logique du corridor ne soit pas acceptable pour l’Arménie, cette dernière est prête à des contacts avec la Turquie. C’est ainsi que les officiels d’Erevan ont récemment réagi à la déclaration faite par le président turc Erdogan sur le fait de ne pas rejeter les discussions sur le corridor, mais parvenir à un accord avec l’Azerbaïdjan sur cet ordre du jour.

Erevan n’est pas fondamentalement contre la communication Nakhitchevan-Azerbaïdjan à travers son territoire, mais sur les conditions dans lesquelles, par exemple, l’Iran et la Géorgie communiquent à travers toutes les procédures douanières frontalières, en d’autres termes, communiquant sous le contrôle souverain de l’Arménie, comme dans n’importe quel État.

D’un côté, la déclaration tripartite du 9 novembre ne porte aucune mention de « corridor », mais en même temps il est question de communication entre l’Arménie et le Nakhitchevan sous le contrôle du Service fédéral de sécurité russe.

L’Azerbaïdjan exigera finalement un « corridor souverain » [le fameux « corridor de Zangezur » asséné par Ilham Aliyev] alors que la connexion Nakhitchevan-Azerbaïdjan est assurée par l’Iran et la Géorgie-Turquie. Bien sûr, la communication à travers l’Arménie serait nettement plus courte, mais ce n’est pas la brièveté qui est importante pour Bakou et Ankara, mais la « souveraineté ». Après tout, de la même manière, l’Arménie communique, par exemple, via la Géorgie avec la Russie ou l’Europe, ou via l’Iran vers le sud. 

Les motivations de la Turquie peuvent être quelque peu différentes de celles de Bakou.  Gardons à l’esprit qu’Ankara ne peut, pour ainsi dire, ignorer Bakou et son agenda. Cela ne signifie pas que pour la Turquie, l’agenda du « corridor » consiste simplement à soutenir Bakou. Cependant, il n’est pas du tout clair que le statu quo de la question du « corridor » soit aussi important pour la Turquie que pour Bakou.

Bien sûr, Ankara n’est pas contre que l’Azerbaïdjan obtienne ce « corridor », mais il convient de noter qu’Erdogan se considère comme un participant à un jeu beaucoup plus vaste, et la question des relations arméno-turques peut être considéré comme un moyen de résoudre des problèmes plus importants, notamment dans les relations avec Moscou et Washington. 

En ce sens, il n’est pas du tout secondaire qu’Erdogan ait proposé de rencontrer le Premier ministre arménien sur le chemin de New York pour assister à la session de l’Assemblée générale des Nations Unies.

sources :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

%d blogueurs aiment cette page :