La guerre qui s’est déclenchée contre l’Arménie sera analysée pendant des années. Ses circonstances seront étudiées, en détail, afin de comprendre comment le pire s’est impitoyablement produit. Ce faisant, malheureusement, nous empiétons sur le temps à consacrer pour prévoir ce qui peut encore arriver, ce à quoi nous attendre, et ce qu’il faudra faire alors.

Depuis le 27 septembre et pour les 44 jours qui suivent, le peuple arménien vit avec une grande émotion les jours de la guerre contre l’Artsakh et l’Arménie, qui a conduit à notre lourde et douloureuse perte humaine et territoriale. 

L’espoir et l’anxiété étaient alors mêlés, la détermination de croire en la victoire et de la soutenir, avec tout à la fois l’anxiété, la douleur, l’incertitude, puis le chagrin de la perte, les questionnements et les doutes. 

Analyser la guerre et la comprendre au mieux est capital pour imaginer, évaluer, prédire, comprendre et préparer notre avenir. Cependant, les événements du monde se déroulent de manière dynamique, de manière rapide. Nous n’avons pas le temps de nous appuyer uniquement sur l’analyse de la guerre. Nous ne disposons ni d’années, ni de mois pour cela. 

Par conséquent, ces problèmes doivent être résolus en parallèle : d’une part, essayer de réparer l’image mentale, militaro-politique, l’impact psychologique de la guerre, d’autre part, essayer d’intégrer au plus vite notre capacité de réponse aux évolutions et perspectives actuelles.

Il est nécessaire de rendre l’Arménie moins vulnérables à l’instabilité qui règne autour d’elle.

Ce n’est pas l’environnement extérieur qui s’articule autour des réalités politiques internes de l’Arménie, mais notre adaptation à cet environnement, la gestion des risques découlant de cet environnement en constante évolution et instable

En d’autres termes, nous ne serons pas au calme très longtemps, quel que soit le statu quo politique à l’intérieur de l’Arménie.  

Mais c’est peut-être de là que provient le problème le plus alarmant :

L’ambiance intérieure de l’Arménie propose un contenu trop manichéen, binaire, divisé par le « dilemme » Russie-Occident. Un camp voit l’avenir et le salut de l’Arménie avec la Russie, et l’autre, avec l’Occident. 

Ces deux options privent l’Arménie d’une véritable réflexion politique sur sa souveraineté car au lieu de ce travail, l’opinion et le « goût » deviennent des phénomènes passionnels, alors même que l’Arménie a besoin d’un rapport complémentaire avec la Russie ET l’Occident et avec d’autres acteurs, osons même la Turquie. 

Voilà la situation d’isolement politique dans laquelle l’Arménie s’est retrouvée progressivement depuis son indépendance. En persistant dans cette logique, les arméniens continuent de s’y maintenir. 

Ainsi, l’un des défis nationaux de l’Arménie consiste à conjurer cet « isolement » politique, et composer une nouvelle ambiance sociétale qui aura entre autres effets de réduire la charge pesant sur la composante militaire, seule garante aujourd’hui de la défense d’un peuple qui ne semble uni que dans ses chagrins. Plus que jamais, alors que la Défense est considérablement ébranlée par ses insuffisances, et nécessite une période stable pour une récupération complète.

source :
Hakob Badalyan pour First News

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