Une rencontre Poutine-Erdogan aura lieu aujourd’hui 29 septembre 2021 à Sotchi, et se déroule dans une situation très particulière, a souligné le porte-parole présidentiel Dimitri Peskov, qui annonçait il y a quelques jours un ordre du jour sans précédent. 

Bien entendu, les détails exacts ne sont pas connus, mais il existe un certain nombre de réalités tangibles qui témoignent d’un contexte de négociations difficile entre les deux présidents. La situation est notamment tendue à Idlib, en Syrie, où la Turquie a accumulé des troupes supplémentaires et la Russie a intensifié ses attaques contre les groupes terroristes pro-turcs. 

De plus, il y a une semaine ou deux, l’invité surprise de Poutine était le président syrien Bachar El Assad. Après sa visite à Moscou, il a fait une déclaration assez virulente exigeant que la Turquie retire ses troupes de Syrie. Et la partie où se trouvent les troupes turques est Idlib. 

Selon des informations ultérieures, Assad se prépare à lancer une opération militaire soutenue par la Russie pour prendre le contrôle total d’Idlib. 

Même le ministre turc de la Défense Hulusi Akar a exprimé son mécontentement face aux frappes russes.

Un autre fait notable est que la situation à la frontière entre le Kosovo et la Serbie s’est aggravée. Bien sûr, il n’y a pas d’implication directe russo-turque ici, mais il est à noter que la situation à la frontière kosovare-serbe s’aggrave au milieu de la visite d’Erdogan dans les Balkans il y a quelques semaines, où il a une nouvelle fois démontré ses ambitions impériales.

Et là aussi, l’aspect historico-politique des intérêts de la Russie dans les Balkans, en particulier en Serbie, est évident. 

Dernièrement, Erdogan avait abordé la question de la Crimée depuis la tribune de l’ONU à New York, déclarant que pour la Turquie, la Crimée est l’Ukraine et qu’Ankara ne la reconnaîtrait pas comme faisant partie de la Russie. 

Par ailleurs, la deuxième rencontre entre Biden et Poutine pourrait avoir lieu en octobre. Et cela peut être inquiétant pour Erdogan, qui n’a pas été reçu par Biden durant son séjour aux USA dans le cadre de l’assemblée des Nations-Unies, inquiétant dans le sens où Moscou pourrait conclure certains accords avec Washington. 

Et là aussi, il est peut-être intéressant de noter que les États-Unis intensifient considérablement leurs efforts pendant la coprésidence du groupe de Minsk sur la question de l’Artsakh, le conflit arméno-azerbaïdjanais. Erdogan a au moins un fort soupçon que cela ne pourrait pas se produire sans un accord mutuel avec la Russie, ce qui pourrait considérablement mettre la Turquie hors du jeu. 

Dans un environnement aussi difficile, quel sera le bilan de la rencontre Poutine-Erdogan à Sotchi ? Quel sera le ratio d’accords et de désaccords, tant en termes de quantité que de « qualité » ?

par Hakob Badalyan pour First News :

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