La session ministérielle de l’organe consultatif du projet de corridor gazier sud s’est tenue en Azerbaïdjan. Y ont participé le conseiller pour la sécurité énergétique du secrétaire d’État américain, les commissaires européens à l’énergie et à la politique de voisinage et d’autres responsables. 

Par Hakob Badalyan

Au cours de la réunion, ils ont évoqué l’importance de l’Azerbaïdjan pour la sécurité énergétique de l’Europe, l’importance du projet de corridor gazier Sud « Southstream », la possibilité de transporter plus de gaz à travers celui-ci, ainsi que d’autres perspectives de coopération énergétique. Il a également été annoncé que l’Union européenne fournirait un ensemble d’investissements financiers de 2 milliards d’euros à l’Azerbaïdjan. 

Bien sûr, ce n’est pas le soutien apporté par le programme de partenariat oriental de l’UE, du moins il ne semble pas s’agir de cela, mais en fait, il s’avère qu’en ce sens, l’UE « égalise » ou « rapproche » les intentions ou programmes d’allocations financières pour le Caucase. 

Comme on le sait, l’été dernier, lors de la visite régionale du président du Conseil de l’Europe dans le Caucase, on a appris que la Géorgie recevrait environ 3 milliards d’euros d’aide dans le cadre du programme des affaires étrangères, l’Arménie – environ 1,6 milliard d’euros, et Azerbaïdjan – 160 millions d’euros. Aliev s’était même plaint d’un traitement « inégal » à l’époque.

Plus tard, L’Union européenne a annoncé qu’elle était prête à fournir un milliard d’euros supplémentaires de prêts à l’Arménie et à la Géorgie. Ainsi, le « paquet pour Erevan s’élèverait à environ 2,6 milliards d’euros, et pour la Géorgie – environ 4 milliards d’euros. Ceci étant dit, on ne sait pas encore quand le processus d’allocation quinquennal commencera.

Avant cela, en effet, lors de la réunion ministérielle de Bakou, on apprenait que Bakou recevrait 2 milliards d’euros d’aide à l’investissement. Il ne fait aucun doute que l’argent ira à des projets énergétiques. Bien sûr, il faut considérer que la croissance de la capacité de l’Azerbaïdjan devient nécessaire dans le contexte de la crise ukrainienne pour servir d’alternative au gaz russe.

La situation en Ukraine a entraîné de nombreux risques pour la sécurité énergétique de l’Europe. Le prix du gaz en Europe atteint des niveaux quasi « astronomiques » et la situation pourrait dégénérer si la confrontation au sujet s’intensifie. L’Europe se prépare intensivement à la recherche de sources d’énergie alternatives (article ci-dessous)

Ce processus a conduit à une situation où l’Azerbaïdjan devient l’une des alternatives potentielles pour l’UE, ce dont les responsables européens et même les responsables américains parlent ouvertement. 

Cette circonstance est certainement un défi pour l’Arménie, compte tenu de la situation régionale compliquée et des problèmes arméno-azerbaïdjanais qui existent autour de l’Arménie et de l’Artsakh. 

De plus, il y a au moins deux niveaux de risque ici. D’abord, l’Azerbaïdjan se retrouve dans une position concurrentielle avec la Russie. Cela pourrait conduire Moscou à essayer de flatter ou de punir l’Azerbaïdjan. Ou punir puis accepter. Et cette « mécanique » peut s’ébranler au détriment peuple arménien. 

D’autre part, l’Azerbaïdjan peut essayer de capitaliser sur sa nouvelle importance capitale pour détourner le cours des choses en sa faveur, en espérant aucune réaction de l’Occident.

En conséquence, la situation actuelle exige de l’Arménie vigilance ,sang-froid, prudence, de s’éviter des désillusions, de ne pas devenir une « monnaie d’échange » des relations entre l’Occident et l’Azerbaïdjan ou de Moscou et Bakou. Car oui, généralement, l’Arménie et l’Artsakh sont « nourris » d’attentes illusoires, qu’elles soient vis-à-vis de l’Occident ou de la Russie.

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