interview par First News de Tatevik Bezhanyan, expert en migration du HCR

274 637 personnes ont quitté l’aéroport de Zvartnots en septembre de cette année et 6 633 personnes ont quitté l’aéroport de Shirak. Ces chiffres peuvent sembler alarmants, mais ce sont des données brutes, d’autant qu’on ne peut encore confirmer qu’il est appelé à la hausse ou à la baisse, étant donné les restrictions de la nouvelle législation sur la migration de la Russie et l’économie arménienne qui repart.

Ce nombre ne peut pas représenter avec précision le nombre de citoyens arméniens migrant. Il ne sera clair qu’à la fin de l’année, après avoir les données consolidées. D’ici la fin de l’année nous connaîtrons le véritable solde entre ceux qui sont partis et ceux qui sont revenus, nous ne savons pas avec nos outils combien il y a de migrants, car ce nombre inclut les voyages d’affaires et touristiques. 

Le fait est qu’habituellement au début de chaque année un grand nombre de personnes quittent le pays, et le nombre de ceux qui viennent en Arménie en novembre-décembre, parce que les citoyens qui sont partis travailler reviennent au cours de ces mois. La migration de main-d’œuvre est saisonnière et représente environ 93 pour cent de l’émigration. 

En 2022 l’émigration pourrait augmenter, mais la Russie s’apprête à durcir sa législation migratoire. Cela peut réguler les flux migratoires, quelles que soient les conditions socio-économiques ou sécuritaires de l’Arménie. 

La raison en est que la plupart de nos compatriotes vont travailler en Russie. Après le durcissement des exigences migratoires de la Russie, lorsque les droits des étrangers, des non-ressortissants d’entrer, de séjourner et d’y travailler seront sévèrement restreints, très peu d’Arméniens pourront s’y rendre, et certains de ceux qui sont partis seront soit expulsés ou ne pourront pas être inscrits comme demandeurs d’emploi le temps que s’exercera la législation en vigueur. 

Pourquoi l’émigration diminuerait ? Parce que nous n’avons pas d’alternative équivalente à la Russie ?

Nous ne pouvons pas dire avec certitude qu’au lieu de la Russie nos compatriotes iront en Ukraine, en Pologne, en Biélorussie ou ailleurs. Par conséquent, à partir d’aujourd’hui, nous devons penser clairement, planifier la manière dont nous allons fournir des emplois à ces personnes. 

De plus, la situation économique en Russie a évolué de manière négative et les conditions de travail relativement favorables ne sont plus satisfaisantes.

Les chiffres de l’émigration des deux dernières années sont-ils conditionnés non seulement par la situation socio-économique, mais aussi par la sécurité-politique, aussi par la crise des valeurs-morales ? Est-ce que le citoyen arménien quitte son pays parce qu’il ne voit pas d’avenir ici? Quel est le nombre de main-d’œuvre hautement qualifiée parmi l’émigration de travail?

Seuls 20% de nos expatriés ont une formation supérieure, mais le problème est que même ceux qui ont une formation supérieure n’y vont pas pour travailler dans leur métier, mais comme le reste, ils se destinent à devenir de la main-d’œuvre bon marché dans les secteurs de la construction et des services. 

Très peu d’entre eux vont travailler dans une profession de l’enseignement supérieur ou comme main-d’œuvre hautement qualifiée en général. Ces derniers sont principalement des médecins, des informaticiens high-tech qui ne voyagent pas en Russie, mais dans les pays de l’UE ou aux USA, Canada. 

Il convient de noter que le processus inverse a lieu dans un certain nombre de pays européens, par exemple, les Arméniens qui ne sont pas enregistrés là-bas sont expulsés d’Allemagne, de France et de Belgique. 

Quant à l’impact de la crise politique, de l’incertitude, de l’insécurité après la guerre sur le désir des gens de quitter le pays définitivement, cette humeur a grandi de manière incomparable parmi les citoyens. Mais cela ne dépend pas seulement des volontés individuelles. Il y a aussi la législation migratoire des autres pays, les conditions dans lesquelles chacun veut évoluer. 

Sans surprise, 70 % des migrations cette année sont dues à de mauvaises conditions socio-économiques.

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