Hakob Badalyan pour First News (source en bas de page)

Arrivé à Moscou pour des entretiens avec le ministre russe des Affaires étrangères, le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir Abdullahian a déclaré que l’Iran s’attend à ce que la Russie réponde et soit réceptive à d’éventuels changements dans les frontières de la région. L’Iran a affirmé à plusieurs reprises l’inviolabilité de ses frontières, s’exprimant à l’échelon régional.

En Arménie, cela a conduit de nombreuses personnes à dire ou à conclure que l’Iran fait ainsi référence aux frontières de l’Arménie et à l’ambition du « couloir » turco-azerbaïdjanais à leur égard. 

Des opinions s’expriment dans le sens que l’Iran craindrait une attaque turco-azerbaïdjanaise ayant pour but d’ouvrir un « corridor » à travers l’Arménie, c’est pourquoi il massifie ses troupes à sa frontière nord-Ouest et effectue des exercices militaires, déclarant que toute violation selon ses critères serait une limite à ne pas franchir.

L’idée que l’Iran est sorti de sa neutralité pour la protéger a suscité un enthousiasme non dissimulé en Arménie. 

En fait, parallèlement aux encouragements, sinon à la place de ceux-ci, devrait se poser la question au gouvernement arménien, au ministre des Affaires étrangères, au secrétaire du Conseil National de Sécurité :

l’Iran a-t-il fourni à l’Arménie des informations fiables sur une éventuelle attaque turco-azerbaïdjanaise pour ouvrir un « couloir » à travers l’Arménie ?L’Arménie a-t-elle de telles informations ? 

Sans aucun doute, l’Arménie doit toujours s’attendre à une telle agression, envisager sa possibilité et se tenir prête à faire face à cette éventualité. Cependant, dans ce cas, il s’agit de connaître l’existence d’informations tangibles indiquant qu’il existe une intention et une préparation pour une telle attaque. 

Enfin, il faut comprendre quelles inquiétudes l’Iran exprime, dans quelle mesure cette inquiétude est purement politique, en lien avec la perspective de la reprise d’un processus régional sous la coprésidence du groupe de Minsk, la peur iranienne d’être exclu du processus. 

Pour l’Arménie, ces différences impliquent une logique d’action fondamentalement différente.

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