La crise ukrainienne entraîne des changements géopolitiques fondamentaux et conduit à la formation de nouveaux systèmes économiques mondiaux. Des sanctions sans précédent contre la Russie affectent non seulement l’économie russe, mais également tous ses voisins ayant avec lui des liens commerciaux et économiques étroits, notamment dans l’Union économique Eurasiatique (UEE).

par Armen Vardanian

Les grands marchés comme la Chine, l’Inde, ainsi que les pays de l’UE subissent de lourdes pertes. La Turquie, qui est fortement dépendante économiquement de la Russie, a déclaré qu’elle n’imposerait pas de sanctions à la Russie pour protéger son économie. Dans la situation actuelle, la Chine, économie gigantesque, cherche des moyens d’atténuer les effets des sanctions sur la Russie.

On a récemment appris que lors d’une vidéoconférence sur la coopération entre l’UEE et la Chine, la Chine et l’Union économique eurasienne ont discuté de la question de la création d’un système monétaire et financier international indépendant, décidant d’introduire une monnaie internationale unique.

La valeur de la nouvelle monnaie serait calculée sur la base des monnaies nationales et des indices des prix des matières premières des pays participants. Les participants à la conférence ont également convenu de soumettre le projet pour discussion d’ici la fin du mois de mars.

L’interdiction du commerce en dollars et en euros contre la Russie, à laquelle la Chine ne pouvait que se joindre, porte un coup dur au processus d’achat de pétrole russe.

Le commerce d’autres marchandises souffre également, et une telle décision de l’UEE-Chine était inévitable.
La Russie prévoit également de simplifier les relations commerciales avec l’Inde. Les pays envisagent d’échanger des roubles et des roupies. Ils veulent utiliser le yuan chinois comme monnaie principale pour créer un mécanisme de règlement. Le programme permettra aux exportateurs indiens de payer leurs marchandises en monnaie locale au lieu de dollars ou d’euros. L’introduction d’une nouvelle monnaie internationale commune entre l’UEE et la Chine aura un impact direct sur l’économie des autres membres de l’union, en particulier la République d’Arménie.

Aujourd’hui, l’Arménie a un chiffre d’affaires commercial important avec la Chine, et les conséquences économiques possibles du commerce avec cette dernière dans une nouvelle monnaie internationale nécessitent une évaluation d’expert. Ces processus ont des implications géopolitiques et économiques mondiales beaucoup plus importantes. Elle marque avant tout la formation d’un nouveau pôle dans le monde.

Ce n’est pas un hasard si au début des discussions sur la création d’une nouvelle monnaie internationale, le président américain Joe Biden a décidé d’avoir une conversation téléphonique avec Xi Jinping le 18 mars dernier, dans lequel il a mis en garde le dirigeant chinois sur sa responsabilité de soutenir la Russie dans la situation en Ukraine.

Mais Pékin va dans la direction opposée, refusant de condamner les actions militaires de la Russie et essayant de se présenter comme un juge neutre. Les Etats-Unis sont inquiets à l’idée que les autorités chinoises envisagent la possibilité de fournir une assistance directe à Moscou avec du matériel militaire. La porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a pour sa part déclaré qu’il y aurait des conséquences en réponse à l’aide de la Chine à la Russie.

Ces dernières années, les relations américano-chinoises ont été largement marquées par des rétorsions économiques mutuelles et des batailles commerciales, et dans ces circonstances, la crise ukrainienne est une bonne occasion de former des mécanismes mondiaux pour résister à ces pressions.

Rejoindre un système de paiement international ne signifie pas et n’implique pas un isolement complet des autres systèmes économiques internationaux. Bien que la Chine ne veuille pas adhérer aux sanctions imposées à la Russie et même suspendre la vente d’équipements aéronautiques à la Russie, il y a des domaines où l’UE et les États-Unis ne l’ont pas fait, comme le commerce de l’énergie.

L’Arménie, qui fait partie de l’UEE, doit aujourd’hui penser une combinaison efficace des liens avec différents systèmes économiques. Il est également d’une importance primordiale dans l’éventualité d’une éventuelle reprise des liens économiques directs avec la Turquie dans un avenir proche. L’Arménie devrait en tirer le maximum pour son économie, ainsi que de la coopération économique UEE-Chine et UEE-Iran.

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