INTERVIEW de l’expert international en énergie des Nations Unies, Ara Marjanyan, propos recueilli par Siranuysh Papyan

À partir du 1er avril, le tarif du gaz pour les consommateurs ordinaires augmentera de 4,7 drams pour atteindre 143,7 drams. En effet, le prix du gaz augmentera de 4,1% en moyenne, alors que « Gazprom Armenia » envisageait une hausse des prix de 6% et un tarif unique. Comment évaluez-vous cette augmentation ?

– La décision reflète la politique du gouvernement arménien, qui tente d’atténuer le coup pour les plus vulnérables en redistribuant le fardeau potentiel sur la moyenne, les gros consommateurs, les entreprises manufacturières et les grandes entreprises. Une telle approche est compréhensible et découle de la politique déclarée de l’Arménie, mais comporte certains risques. 

En particulier, puisque les processus, j’en suis sûr, ne se termineront pas à court terme. Au cours des 5 à 8 prochaines années, nous rencontrerons plusieurs fois des situations similaires. Par conséquent, en augmentant régulièrement la charge pour le secteur manufacturier, nous détériorons l’image concurrentielle globale de l’Arménie dans la région, le monde et par rapport aux voisins immédiats. Je vois des risques ici, cela nécessite le développement d’autres mécanismes de compensation, l’application de mécanismes incitatifs au secteur manufacturier. 

Ce n’est qu’alors que la situation s’équilibrera et garantira la création de conditions de concurrence favorables pour l’Arménie. Surtout si l’on tient compte du fait que nous attendons tous l’ouverture des communications de transport autour de l’Arménie en Arménie, l’activation des flux d’énergie dans le transport de marchandises.

Dans le contexte de la guerre russo-ukrainienne, certains pays refusent d’acheter du pétrole à la Russie. Comment cela affectera-t-il les prix de l’énergie et quelles en seront les conséquences pour l’Arménie ?

Je pense que ce processus n’affectera pas, il ne devrait pas affecter l’Arménie. Le fait est que dans cette question, nous devons partir de la réalité avec froideur, et la réalité est la suivante. Premièrement, la Russie est un allié stratégique de l’Arménie ; deuxièmement, l’État ukrainien, pour ne pas dire les ukrainiens eux-mêmes, est hostile à l’Arménie. Ainsi, la position de l’Arménie ici est évidente. 

Par ailleurs, l’un des fondements du conflit est lié au droit des nations à l’autodétermination. Ici, l’Arménie doit être très prudente, prudente, sobre, évaluer la situation et prendre les bonnes décisions.

On assiste à la déconnexion des banques russes du système SWIFT, à la forte baisse du rouble russe. De nombreux experts et économistes arméniens notent que la situation n’est pas si terrible pour nous.

L’Arménie sera certainement affectée par toutes ces sanctions, qui font référence au système financier et économique russe, c’est une réalité que nous devons regarder en face, faire les enquêtes appropriées.

La partie russe déclare qu’elle est prête pour cette crise, qu’elle a pris des mesures et que le gouvernement russe va présenter son programme dans un proche avenir. Dans le cadre de ce volume de sanctions contre la Russie, l’Arménie ressentira en effet directement tout cela, compte tenu du nombre de transferts de fonds en provenance de Russie, qui seront considérablement réduits.

Oui, l’impact sur l’Arménie sera tangible et immédiat.

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