Depuis l’annexion de la Crimée et la position frontale de la Russie et de l’OTAN dans le Donbass, les relations entre Moscou et l’Alliance atlantique ont été entamées à coeur. Et les entretiens du Conseil Otan-Russie [COR], (« mécanisme de consultation, de construction du consensus, de coopération, de décision commune et d’action conjointe », n’ont fait que dévoiler d’insolubles désaccords.

Le dernier sommet de l’Otan, au début de l’été, a cité la Russie une bonne cinquantaine de fois, à propos d’« activités provocatrices », et de « posture d’intimidation stratégique plus agressive ».

Pour sa part, selon sa doctrine militaire, la Russie estime que l’Otan constitue sa principale « menace extérieure ».

Aussi, dans de telles conditions, le dialogue est toujours souhaitable, ne serait-ce que pour éviter les malentendus et les « erreurs de calcul ». D’où l’importance d’une mission diplomatique russe auprès de l’Otan, qui, de son côté, dispose d’un bureau d’information au sein de l’ambassade de Belgique à Moscou. Mais plus pour longtemps.

Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’Otan, a récemment annoncé le retrait des accréditation de huit diplomates russes, accusés d’être des « agents de renseignement non déclarés ». Après cette décision datée de début octobre, l’effectif de la mission russe auprès de l’Otan ne comptait plus que seulement dix personnes.

Jens Stoltenberg, un Norvégien à la tête de l'Otan
Jens Stoltenberg, Norvégien, secrétaire général de l’Otan

Et Stoltenberg d’expliquer :

« Les relations entre l’Otan et la Russie sont à leur point le plus bas depuis la fin de la guerre froide. Et c’est à cause du comportement russe. […] Nous avons vu une augmentation des activités malveillantes de la Russie en particulier en Europe et donc nous devons agir. Nous sommes prêts à nous impliquer dans un dialogue significatif avec la Russie ».

De telles expulsions avaient déjà eu lieu en 2018, en réponse à l’affaire Skripal, ancien officier du renseignement militaire russe, empoisonné ainsi que sa fille au Royaume-Uni. Attribuée à la Russie, cette tentative d’assassinat avait à l’époque, valu à la Russie le retrait des accréditations et l’expulsion de sept des membres de la mission russe à Bruxelles.

Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères

Moscou a pris deux semaines pour réagir… ainsi, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a décidé la suspension des activités du bureau d’information de l’Alliance à Moscou dès le premier novembre.

« Les conditions de base pour un travail en commun ne sont plus là (…) nous ne voyons pas la nécessité de prétendre qu’un quelconque changement soit possible dans un avenir prévisible » (Lavrov)

Pourtant, Stoltenberg avait proposé à Lavrov de tenir une nouvelle réunion du Conseil Otan-Russie en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, en septembre… sans résultat.

via Opex360

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