Ainsi, l’OTAN veut abaisser un nouveau rideau de fer. L’Union européenne, puisqu’elle choisit de demeurer dans l’étreinte américaine, a pris pour fonction « d’aboyer » sur la Russie, avec le renfort d’une opinion publique docilisée par le ressort compassionnel, occultant religieusement huit années de bombardements ukrainiens sur le Donbass. Cet « aboiement » aura un coût économique qu’on sous-estime encore ici.
Dans la Guerre Froide qu’on nous réchauffe, la place de l’Ukraine est-elle à l’Ouest ?


article rédigé à partir de l’analyse de Geopolitika.news (Croatie),

Il s’est passé quelque chose qui devait arriver tôt ou tard. Les dirigeants russes ont décidé de mener une opération militaire contre un État souverain voisin – l’Ukraine !Il est trop tard pour se lamenter, trop tard pour analyser pourquoi cela s’est produit et pourquoi cela n’a pas été empêché. Il y aura du temps pour cela plus tard. Maintenant, tout doit être fait pour que le conflit ne dépasse pas les frontières de l’Ukraine et ne couvre pas toute l’Europe, puis le monde entier.

Affirmons tout de suite qu’aucun militaire ou soldat américain de l’un des pays de l’OTAN (à l’exception de volontaires et combattants de sociétés militaires privées) n’entrera en Ukraine et n’agira pas de son côté contre les troupes russes. Ceci est a priori exclu. L’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN, et l’article 5, qui dit qu’une attaque contre l’un des pays de l’alliance est considérée comme une attaque contre tous les autres, ne pourra jamais lui être étendu. Hier, cela a été clairement répété par la Maison Blanche, ou plutôt l’administration du président américain Joe Biden. À cet égard, le monde peut être calme.

Mais il est difficile de parler de calme quand on ne sait pas comment la Russie réagira aux dégâts économiques, c’est-à-dire aux sanctions occidentales contre la Russie. Le président russe Vladimir Poutine a franchement déclaré le mois dernier que l’imposition de « sanctions infernales » annoncées par Washington et Bruxelles en cas d’opération militaire russe * en Ukraine (elles sont en train d’être introduites maintenant) signifiera une cessation complète des relations de la Russie avec l’Occident (!)

En d’autres termes, il se peut que non seulement les relations diplomatiques, mais aussi les canaux de communication qui existent entre Moscou et Washington soient complètement rompus. 

Washington a annoncé (avant l’opération militaire russe) que les voies de communication militaires entre les États-Unis et la Russie resteraient. Je pense que les événements d’aujourd’hui ne changeront rien, malgré la guerre diplomatique.

Il n’y a pas si longtemps, la Russie a présenté ses exigences diplomatiques pour des garanties mutuelles de sécurité stratégique en Europe. L’un des principaux points était d’arrêter l’expansion de l’OTAN aux frontières russes et de ramener l’infrastructure de l’OTAN à ses frontières de 1997, lorsque le Conseil Russie-OTAN a été créé. De plus, il ne s’agissait pas de l’exclusion des États déjà admis à l’OTAN pendant cette période, mais uniquement du retrait des armes et des bases d’autres membres de leurs territoires. 

Peu de temps après avoir reçu ces demandes russes, Biden a clairement indiqué que les troupes américaines n’interféreraient pas dans les événements en Ukraine, agissant à ses côtés dans un conflit avec la Russie. 

Ainsi, avant même le début des négociations entre la Russie d’un côté et les États-Unis et l’OTAN de l’autre, il a donné à Poutine ce qu’il voulait. Bien sûr, dans le même temps, Biden a averti Poutine des conséquences, qui sont pleinement compatibles avec les intérêts américains. Et elles consistent, disons, à « couper » définitivement et irrévocablement la Russie de l’Occident, en premier lieu de l’Union européenne. 

Biden subjuguera donc complètement l’UE en prenant en charge sa sécurité pendant longtemps, puis toute tentative de l’Union européenne d’obtenir une politique étrangère ou une autonomie militaire, y compris ses membres clés, l’Allemagne et la France, échouera dans l’oeuf.

Tout a conduit à cela depuis longtemps. Le Royaume-Uni a fait le Brexit. Le monde anglo-américain s’est uni et de nouvelles alliances militaires ont émergé comme AUKUS, qui a facilement chassé la France et ses intérêts de la région indo-pacifique. 

En outre, Biden a finalement réussi à bloquer le gazoduc russe déjà construit Nord Stream 2, destiné à approvisionner l’Allemagne et d’autres parties de l’Union européenne en gaz russe.

Les méthaniers américains se sont déjà dirigés vers l’Europe.

Ainsi, après plusieurs conversations avec Biden au cours du dernier mois et demi, Poutine a été contraint de décider ce qui est le plus important pour la Russie. 

  • Soit il pacifie une Ukraine moderne complètement anti-russe, qui vit sous le contrôle externe de Washington et deviendra sans aucun doute un banc d’essai pour la future déstabilisation à long terme de la Russie, qui devra sans cesse y consacrer ses forces. 
  • Soit il accepte une telle Ukraine (je l’appellerai « anti-Russie ») en échange du maintien d’éventuelles relations avec l’Occident, en premier lieu l’UE, avec laquelle la Russie coopère plus étroitement sur le plan économique qu’avec les États-Unis.

En sifflant l’assaut, Poutine a apparemment pris la décision finale, après avoir calculé toutes ses conséquences. Il ne fait que mettre en application ce dont il a longtemps averti les dirigeants de l’État ukrainien, que Kiev n’a pas voulu, pas pu ou pas osé écouter. Poutine a donc engagé la destruction de l’Ukraine en tant qu’État dans sa forme actuelle, puisque celui-ci n’a pas abandonné pas l’idée d’intégrer l’OTAN, l’Union européenne et continuait de bombarder les régions rebelles pro-russes du Donbass.

On a trouvé cette amertume dans le ton dur dans lequel Poutine s’est adressé aux dirigeants ukrainiens, politiques et militaires. Cela nous a clairement indiqué qu’il était peu probable que la reconnaissance russe du Donbass soit le « point final » de la question ukrainienne. 

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