Le ministre arménien des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan effectue depuis aujourd’hui lundi 2 mai une visite de travail aux États-Unis jusqu’au vendredi 6 mai, où il participe à la plate-forme de dialogue stratégique arméno-américain. 

Outre le secrétaire d’État Blinken, Ararat Mirzoyan rencontrera également la directrice de l’USAID Samantha Power et l’assistante spéciale du président Amanda Slot. En ce sens, la visite du ministre des Affaires étrangères Mirzoyan est tout à fait représentative, et parler de l’importance de la visite est superflu ! 

La priorité de l’ordre du jour n’est pas détaillée, mais il ne fait aucun doute qu’en plus des questions liées au soutien américain aux perspectives démocratiques de l’Arménie, la question de l’Artsakh et la perspective de négociations sur un accord de paix arméno-azerbaïdjanais, ainsi que de nombreuses questions plus secondaires.

La visite du ministre des Affaires étrangères aux États-Unis et la prochaine étape de la plate-forme de dialogue stratégique arméno-américain se déroulent à la fois dans une situation internationale plutôt tendue, de même que dans une situation politique interne tendue en Arménie, alors que l’opposition a quitté le parlement pour annoncer un mouvement de désobéissance, répétant la méthodologie par laquelle la révolution de velours de 2018 s’est déroulée en Arménie.

Selon toute vraisemblance, ces conditions de fond externes et internes sont probablement liées, par un lien de causalité dont on peut imaginer la logique. 

– D’une part, des forces sont descendues dans la rue en Arménie, dont au moins le parti leader, l’Alliance arménienne, dirigée par son chef Robert Kotcharian, est présente activement et notoirement pro-russe. Cela donne des raisons de croire que la Russie échaude la vie politique interne de l’Arménie. Mais la question se pose de savoir dans quel but ! (Ici, nous attendrons davantage d’éléments pour se risquer a des suggestions de réponses.)

– D’autre part, le 19 avril, Nikol Pashinyan s’est rendu à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine. Au terme du séjour, l’Arménie et la Russie ont réussi a fixer le plan d’une fructueuse mise à jour de leurs connexions économiques et politiques dans une déclaration commune. 

Rappelons deux considerations essentielles

– Tout d’abord, l’évolution à venir de la situation géopolitique est extrêmement imprévisible, et en même temps, dans la situation actuelle, il est assez dangereux d’opter massivement pour l’un ou l’autre camp, alors qu’il n’y a absolument aucune garantie à long terme de la « maturité » ou de sa stabilité d’une telle relation, suetout Asymétrique comme elle l’est des deux côtés.
– Dans ce cas, il ne reste plus à l’Arménie qu’à assurer l’équilibre nécessaire, assurer ainsi un contrôle a minima de l’environnement sécuritaire, en s’efforçant de tirer le meilleur parti à la fois de l’Occident et de Moscou, même si cet équilibre va certainement se reveler de plus en plus instable à mesure que les deux camps sommeront bien assez vite les indécis de choisir celui qu’ils rallient.

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