photo : AFP/PRESSE PRESIDENTIELLE DE LA TURQUIE/MURAT KULA – Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan

Les déclarations officielles de Recep Tayyip Erdogan à l’endroit de Kiev devraient au moins donner matière à réflexion à Moscou. « La Turquie soutient l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine, ne reconnaît pas l’annexion illégale de la Crimée et défend un règlement pacifique du conflit du Donbass conformément au droit international », indique le communiqué.

par Armen Vardanian

Le ministère turc des Affaires étrangères, comme toujours, n’a pas oublié les Tatars de Crimée et a souligné dans son message que les efforts conjoints pour protéger les droits et les intérêts de « Nos Tatars de Crimée », qui est un pont entre l’Ukraine et la Turquie, renforcent encore la Turquie- relations ukrainiennes. Parallèlement aux déclarations de cet avion politique « lancé » en direction de la Russie, Ankara a également pris des mesures économiques non moins douloureuses lors de la visite d’Erdogan.

Là aussi, cette dernière utilise son principal outil d’expansion économique pour accroître son influence sur Kiev et réduire sa dépendance vis-à-vis de la Russie.  Après une rencontre bilatérale de trois heures entre Erdogan et Vladimir Zelensky, un accord sur la création d’une zone de libre-échange et les documents d’accompagnement ont été signés en leur présence.

En outre, le ministre ukrainien de l’énergie Herman Galushchenko et son homologue turc Fatih Donmez ont discuté de la sécurité énergétique et de l’approvisionnement en gaz via le corridor transbalkanique.

Ce n’est un secret pour personne, la Russie est particulièrement sensible aux problèmes du marché du gaz naturel dans la région eurasienne, où elle occupe une position naturelle dominante, et que l’Ukraine est directement dépendante de la Russie, puisqu’elle reçoit tout le gaz dont elle a besoin par son transit vers L’Europe .

Kiev est bien consciente qu’en cas de conflit avec la Russie, elle subira également de graves pertes économiques. La Russie a déjà achevé la construction du gazoduc North Stream-2, qui assure l’approvisionnement ininterrompu en gaz russe de l’Europe, rendant ainsi l’Ukraine plus dépendante de la Russie.

Dans la situation actuelle, la Turquie offre à l’Ukraine une assistance dans cette question importante, promettant de fournir du gaz à Kiev dans la direction opposée via le gazoduc transbalkanique via l’Ukraine, la Moldavie, la Roumanie et la Bulgarie.

Les parties ont également convenu que la Turquie explorera et extraira les réserves de gaz ukrainiennes dans la mer Noire. Naturellement, les parties ont également discuté de la question de la tension entre Kiev et Moscou. À en juger par les messages diffusés après la réunion, aucun résultat significatif n’a été fourni sur la dernière question, ce qui est naturel, car cette question est exclusivement dans la zone Russie-OTAN.

Dans le cas de l’Ukraine, les actions de la Turquie montrent que les intérêts d’Ankara y recoupent ceux de la Russie, et c’est naturel, car ces pays ont partagé les mêmes zones de vie pour lesquelles elles se sont battues 20 fois pendant des siècles.

Les actions de la Turquie dans le contexte des relations tendues entre la Russie et l’Ukraine sont révélatrices du fait qu’à la première occasion, Ankara oubliera son partenariat avec Moscou.

Cela est également démontré par les récentes opérations à grande échelle et les frappes aériennes de l’armée de l’air turque dans le nord de la Syrie. Ankara a profité de la concentration de Moscou sur l’Ukraine et a lancé des opérations sur la ligne de contact avec les troupes russes en Syrie. Les États arméniens doivent également accorder une attention particulière à cette tendance, car après la guerre de 44 jours, nos frontières sont devenues les lignes de contact de la présence russo-turque.

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